Syrie : Oxfam alerte sur les risques sanitaires à l’approche de l’été

L'aide financière est de plus en plus urgente afin de porter assistance à plus de 1,4 million de réfugiés.

Alors que les températures locales vont atteindre plus de 40°c dans les semaines à venir, Oxfam souligne l'augmentation des risques sanitaires pour les réfugiés syriens, en particulier les plus vulnérables, tels que les personnes âgées, les femmes et les enfants.

« Nous commençons à être véritablement inquiets pour la santé des réfugiés syriens. Trop d'entre eux vivent dans des logements inadaptés, comme par exemple un centre commercial désaffecté ou en périphérie d'un cimetière. Ces abris n'ont pas de toilettes, peu d'eau et les ordures commencent à s'y entasser. A l'approche de l'été, les réfugiés qui vivent dans des mauvaises conditions sanitaires sont menacés par de graves risques de maladies« , explique Rick Bauer, coordinateur humanitaire régional d'Oxfam.

« Le coût élevé des loyers en Jordanie comme au Liban force des milliers de réfugiés à dormir et vivre entassés à plusieurs, dans des conditions insalubres et sans presque aucune intimité. La réponse humanitaire doit être financée de manière adéquate et viser à fournir aux réfugiés un logement abordable et décent où ils pourront habiter dignement. C'est la priorité numéro un pour les réfugiés comme pour les communautés d'accueil, ajoute M. Bauer.

Les cas de maladies entrainées par de mauvaises conditions d'hygiènes, telles que la diarrhée et les infections de la peau, sont en augmentation alors que le nombre de réfugiés vivant dans les camps est de plus en plus important.

– Dans la seule vallée de la Bekaa au Liban, il y a désormais 240 campements de tentes, soit six fois plus que le nombre enregistré en Jordanie.

– Le ministre de la santé publique libanais a déclaré que plus de 100 cas de leishmaniose cutanée, mieux connue sous le nom de Bouton d'Alep, ont été diagnostiqués dans des cliniques privées au cours des deux dernières semaines. La plaie, si elle n'est pas traitée, peut se transformer en une lésion cutanée de plusieurs centimètres de diamètre. Elle est au départ causée par un parasite unicellulaire transmis par un insecte, le phlébotome. Un accès à des soins médicaux, de l'eau potable et une bonne hygiène sont absolument nécessaires afin de traiter ces infections.

– Malgré la générosité du peuple libanais et de son gouvernement, la plupart des réfugiés syriens ont un accès très restreint à l'eau et aux installations sanitaires. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) s'est déclaré très préoccupé la probable augmentation de maladies hydriques dans les prochains mois.

– Dans les cliniques de Médecins Sans Frontières installées dans la vallée de la Bekaa, 84 cas de diarrhées ont été diagnostiqués au mois d'avril. Selon l'ONG, le nombre ne devrait faire qu'augmenter dans les mois à venir à cause du manque d'eau potable, de sanitaires non conformes et de la hausse des températures.

– International Medical Corps (IMC) rapporte qu'au Liban 7% des patients souffraient de maladies gastro-intestinales, un pourcentage en augmentation. L'accès à de l'eau propre et potable est essentiel pour pallier la déshydratation que peuvent provoquer ces maladies.

– En Jordanie, où plus de 55% des réfugiés ont moins de 18 ans, les Syriens vivant dans des communautés d'accueil manquent d‘argent pour subvenir à leur besoins les plus élémentaires tels que du savon et de l'eau pour se laver. Dans un campement de tentes de Balqa-Ouest, Oxfam a relevé que certains enfants ne pouvaient prendre un bain qu'une fois tous les dix jours. L'ONG a déjà pu constater une augmentation des infections de la peau, particulièrement chez les jeunes enfants.

L'appel à don de l'ONU lancé en janvier n'est pour l'instant financé qu'à 58%, ce qui signifie qu'il manque encore 650 millions de dollars. Les agences de l'ONU ont prévu de lancer un nouvel appel le 7 juin pour les six prochains mois à venir.

Oxfam espère elle récolter 53,4 millions de dollars au cours de cette année, même si son appel à don n'est financé qu'à 23% (10,6 millions de dollars) pour le moment.

L'ONG cherche aussi à accroitre son assistance directe à Balqa et Zarqa afin de venir en aide aux réfugiés ainsi qu'aux communautés locales pour qu'elles puissent avoir accès à de l'eau potable et des accessoires d'hygiène essentiels. Oxfam va travailler étroitement avec les réfugiés et les communautés d'accueil afin d'introduire des mesures de conservation de l'eau et promouvoir des mesures d'hygiène permettant de réduire la consommation en eau pour tous les résidents, les communautés locales inclues.

De plus, l'ONG est en train d'accroître son programme d'eau et d'assainissement dans le camp de réfugiés de Zataari, le plus grand de Jordanie, afin de faire face à la hausse des températures et aux risques sanitaires qui en découlent. L'OMS a identifié la déshydratation, la diarrhée et la conservation de la nourriture comme les risques les plus importants dans le camp.

« La triste réalité est que la majorité des réfugiés syriens ne vont pas rentrer chez eux avant longtemps. Il est aussi évident que les communautés d'accueil au Liban et en Jordanie ont besoin d'une aide urgente. Ces deux pays ont fait preuve d'une immense générosité et solidarité en accueillant les réfugiés, mais ils ont besoin d'aide afin de prévenir les graves risques sanitaires et les potentielles infections qui vont affecter les réfugiés et les communautés d'accueil dans les mois prochains« , conclut Rick Bauer.

Note aux rédactions

Oxfam France a lancé un appel à dons pour contribuer à la réponse d'Oxfam dans les camps de réfugiés syriens au Liban et en Jordanie.

Contact presse : Magali Rubino 06 30 46 66 04 / mrubino@oxfamfrance.org

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photo : Caroline Gluck/Oxfam

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