Taxe sur les transactions financières / aide au développement : Nicolas Sarkozy recule

Réaction aux déclaration de Nicolas Sarkozy sur la taxe sur les transactions financières (TTF)

Interrogé sur l’affection des recettes de la taxe sur les transactions financières (TTF), le Président français a répondu que la France appliquerait le projet de directive de la Commission européenne et ne prendrait de décision 'qu'après avoir écouté les partenaires sociaux le 18 janvier'. Nicolas Sarkozy revient donc sur ses engagements pris lors du sommet du G20 devant les Français et la communauté internationale 'qu'une partie à définir importante majoritaire, totale du produit e la taxe doit aller au développement' [« La France considère qu'une partie à définir importante majoritaire, totale du produit doit aller au développement » ]].

Pour Luc Lamprière, directeur d’Oxfam France :

« Après avoir voulu donner l'impression de faire un pas un avant, Nicolas Sarkozy semble maintenant faire deux pas en arrière. Le Président doit reconfirmer officiellement que les ressources financières de la taxe serviront majoritairement au développement et à la lutte contre le changement climatique. Son renvoi à la directive de la Commission européenne laisse craindre le pire puisque cette dernière voit dans la taxe un moyen de 'remplacer progressivement les contributions nationales au budget de l'UE' reléguant la question du financement du développement et de la lutte contre le changement climatique à une simple note de bas de page » « Dans le droit fil de la proposition de décision du Conseil relative au système des ressources propres de l'Union européenne, présentée par la Commission le 29 juin 20115, la présente proposition vise également à créer une nouvelle source de recettes, avec pour objectif de remplacer progressivement les contributions nationales au budget de l'UE, allégeant ainsi la charge qui pèse sur les trésors nationaux. »
[Proposition législative de taxe sur les transactions financières (TTF) de la Commission européenn
] ]].

« La taxe, désignée comme une utopie quand elle était réclamée au profit des populations les plus vulnérables, devient une réalité pour renflouer le budget général de l'Union européenne ou les déficits publics européens. Les pays du Sud continuent de souffrir des effets de la crise économique provoquée par des activités spéculatives à haut risque : personne, même en campagne électorale, ne doit l'oublier. »

« Nicolas Sarkozy ne doit pas tergiverser : la France peut et doit mettre en place une taxe sur les transactions financières dès à présent au niveau national au profit de la lutte contre la pauvreté dans le monde et le changement climatique. »

« Le gros couac en décembre dernier de la majorité à l'Assemblée nationale, qui avait refusé de voter la TTF décidée par le Sénat, peut encore être rattrapé dans le budget 2012. Mais le temps presse. Sans une action rapide et claire sur l’affectation des revenus de la taxe, les déclarations du chef de l'Etat tout au long de l'année 2011 n'auront été que de la poudre aux yeux et ce nouvel engouement pour une taxe que la France ne mettrait pas en place, rien de plus qu'une manœuvre politique de candidat pas encore déclaré. »

Contact presse

Magali Rubino : 06 30 46 66 04 / [mrubino@oxfamfrance.org->mailto:mrubino@oxfamfrance;org]

Aller plus loin

Oxfam France, avec Aides, membre de Coalition PLUS et Attac, a mené campagne tout au long de l'année 2011 pour la « Taxe Robin des Bois », une taxe sur les transactions financières à hauteur de 0,05% dont les revenus seraient dédiés au développement et au climat.
[www.taxerobindesbois.org->http://www.taxerobindesbois.org]

 
||Communiqué envoyé dans le cadre d’une campagne lancée en septembre 2009 sur la lutte contre le changement climatique et réalisée avec l’aide financière de l’Union européenne. Le contenu de cette campagne relève de la seule responsabilité d’Oxfam France et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.|

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Notes aux rédactions

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