Un millier d’économistes interpellent les ministres des Finances du G20 en faveur de la Taxe Robin des Bois

Christine Lagarde s'est vu remettre une lettre signée par un millier d'économistes, de 53 pays, et adressée aux ministres des Finances du G20 pour exiger la mise en place d'une taxe Robin des Bois sur les transactions financières afin de lutter contre la pauvreté, le changement climatique et soutenir les populations frappées par la crise économique.

Cette lettre a été envoyée aux ministres des Finances du G20, et remise officiellement à Christine Lagarde lors de la réunion du G20 à Washington le 15 avril, ainsi qu'à Bill Gates à qui le G20 a confié une mission sur les financements innovants. Avec cette action, ces économistes rejoignent le nombre croissant de soutiens à la taxe sur les transactions financières, parmi lesquels ne majorité de députés européen, les gouvernements français et allemand ainsi que la Banque centrale européenne et les 20 000 personnes ayant déjà signé la pétition en France. Oxfam France, Aides, membre de Coalition Plus, et Attac, avec le soutien de nombreuses associations et coalitions, ont lancé la campagne [« Taxe Robin des Bois qui demande à Nicolas Sarkozy de mettre en place une taxe sur les transactions financières pour financer les urgences sociales et environnementales mondiales tout en contribuant à freiner la spéculation.
Plusieurs campagnes « Taxe Robin des Bois » ont été lancées avec succès depuis 2010 dans une dizaine de pays (Royaume-Uni, Allemagne, Espagne, Australie, Canada, etc.) et des dizaines de milliers de personnes les soutiennent.]]

Des professeurs d'universités ou écoles aussi prestigieuses qu'Harvard, la Sorbonne, Polytechnique, Oxford, Cambridge, Berkeley, Kyoto ou encore le CNRS sont signataires de cet appel, notamment Dani Rodrik, Professeur d'économie politique à Harvard, Ha Joon Chang de l'Université de Cambridge, Christian Fauliau, ancien économiste de la Banque mondiale et une centaine d'économistes français.

Ils rejoignent les nombreux économistes qui soutiennent déjà ouvertement la taxe comme les Prix Nobel Paul Krugman et Joseph Stiglitz ou encore Jeffrey Sachs, directeur de l'Earth Institute, conseiller spécial de Ban Ki Moon et professeur à Columbia.

La ettr précise que « […] Cette idée a fait son chemin. La crise financière nous a montré les dangers d'une absence de réglementation de la finance, et le lien entre le secteur financier et la société a été rompu. Il est temps non seulement de réparer ce lien, mais également que le secteur financier rende un peu de ce qu'il a pris à la société. »

« Même à des taux très bas de 0,05% ou moins, cette taxe pourrait collecter des centaines de milliards de dollars chaque année et tempérer les excès spéculatifs. Le Royaume-Uni prélève déjà une taxe sur les transactions sur titre de 0,5%, c'est-à-dire dix fois ce taux, sans entamer outre mesure la compétitivité de la City de Londres. »

« Les économistes ont la réputation de ne pouvoir s'accorder sur aucun sujet, le fait qu'un millier d'entre eux soutiennent la Taxe Robin des Bois est donc d'autant plus exceptionnel. Si le G20 ne veut pas écouter les militants, il doit au moins écouter tous ces économistes » souligne Sébastien Fourmy, d'Oxfam France, organisation membre de la coalition internationale à l'initiative de cette lettre.

Un sondage récemment commandé par Oxfam dans six pays européens révèle qu'une majorité des Français, mais aussi des Britanniques, des Allemands, des Espagnols et des Italiens disent soutenir une taxe Robin des bois. [[Le sondage révèle que les personnes en faveurs d'une taxe sur les transactions financières sont deux fois plus nombreuses que celles s'y opposant : 51% / 22% en France, 51% / 19% au Royaume-Uni, 53% / 24% en Allemagne, 67% / 15% en Espagne et 59% / 18% en Italie. Aux Pays-Bas, 38% des sondé-e-s étaient favorables contre 25% ne soutenant pas la taxe.]] _ Plus de 80% des sondé-e-s français estiment que les banques, les fonds spéculatifs et autres organismes financiers doivent contribuer à réparer les dommages causés par la crise économique et liés à leurs activités. Seule une personne sur neuf en France estime que les banques en ont déjà assez fait afin de réparer les dégâts dont ils sont co-responsables.

Notes aux rédactions

[Télécharger la lettre en français->IMG/pdf/lettre_economistes_TTF.pdf ]
[La liste des signataires->IMG/pdf/1000_economistes_pour_la_TTF_-_Avril_l_2011-_Par_pays.pdf]

Contact presse

Magali Rubino / [mrubino@oxfamfrance.org->mailto:mrubino@oxfamfrance.org] / 01 56 98 24 45 – 06 30 46 66 04

 
||Communiqué envoyé dans le cadre d’une campagne lancée en septembre 2009 sur la lutte contre le changement climatique et réalisée avec l’aide financière de l’Union européenne. Le contenu de cette campagne relève de la seule responsabilité d’Oxfam France et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.|

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