Forum génération égalité : un sommet crucial pour faire avancer les droits des femmes

L’année 2021 est une année cruciale pour faire avancer l’égalité femmes-hommes dans le monde. Après une année 2020 marquée par la pandémie de coronavirus à l’échelle mondiale qui est venue amplifier des inégalités de genre pré-existantes, le Forum Génération Egalité, qui se tiendra en juin prochain en France, est porteur d’espoir et a l’ambition d’être un rendez-vous féministe incontournable. Plus que jamais les dirigeant-e-s du monde doivent prendre des engagements concrets et ambitieux pour corriger les inégalités de genre et faire avancer les droits des femmes. Engagée pour lutter contre toutes les inégalités et leurs racines profondes, Oxfam France va prendre une part active à cet événement pour demander une relance féministe.

Qu’est-ce que le Forum Génération Egalité ?

Le Forum Génération Egalité est un rassemblement des Etats, décideur·se·s politiques et acteur·ice·s de la société civile. Le Forum est initié par ONU Femmes et présidé cette année par la France et le Mexique. Il intervient 26 ans après la quatrième conférence mondiale sur les femmes et l’adoption de la Déclaration et le programme d’action de Pékin, qui avait marqué une étape importante dans la reconnaissance internationale des droits des femmes et minorités de genre.

Initialement prévu pour rassembler des milliers de militant-e-s féministes du monde entier, le Forum se tiendra vraisemblablement dans un format plus réduit en présentiel, en France en juin prochain, du 30 juin au 2 juillet.

Les Etats doivent s’engager à mettre en œuvre des politiques publiques et allouer des moyens pour lutter réellement contre les inégalités de genre dans un certain nombre de domaines : les violences basées sur le genre, les droits économiques, les droits et la santé sexuels et reproductifs, la justice climatique, l’accès aux nouvelles technologies ainsi que le soutien aux mouvement et au leadership féministe.

En 2021, les combats pour les droits des femmes plus que jamais d’actualité

Les inégalités entre les femmes et les hommes sont en effet les plus universelles et les plus structurantes de nos sociétés.

Les hommes détiennent 50 % de richesses en plus que les femmes, comme nous l’illustrons dans notre rapport sur les inégalités mondiales qui met en avant « Celles qui comptent ». En France, au Nigéria, au Brésil, au Japon… partout dans le monde, les femmes restent en première ligne des inégalités à cause d’un système économique injuste et sexiste qui les cantonne dans des pans de l’économie les plus dévalorisés et les plus précaires. Sans parler des discriminations et des violences subies dans la sphère professionnelle et privée. Selon le Forum économique mondial, il faudrait encore un siècle pour atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes, et cela, avant même la crise engendrée par la pandémie de COVID-19.

L’année qui vient de s’écouler a été marquée par la pandémie de coronavirus à l’échelle mondiale. Cette crise sanitaire est venue accentuer les inégalités qui découlent d’un modèle économique injuste et sexiste dans lequel les plus vulnérables, et notamment les femmes, sont les premières victimes.

La crise a frappé dans un monde où les femmes gagnent généralement moins et épargnent moins ; où elles constituent la majorité des ménages monoparentaux et occupent de manière disproportionnée des emplois plus précaires dans l’économie informelle ou dans le secteur des services. Elles sont surreprésentées dans les secteurs de l’économie les plus durement touchés et les plus exposées par la pandémie mondiale. Le poids du travail domestique non rémunéré a d’autant plus pesé sur le dos des femmes et risque de venir creuser durablement les inégalités économiques. Les violences ont explosées pendant les périodes de confinements.

Les Nations Unies ont sonné l’alerte : en un an on pourrait perdre des décennies de progrès en matière d’égalité femmes-hommes.

Le Forum Génération Egalité : un rendez-vous féministe crucial initié par ONU Femmes

Dans ce contexte, la France va accueillir le Forum Génération Egalité en juin 2021, dont l’objectif annoncé est de lancer un ensemble d’actions concrètes, afin de réaliser immédiatement et durablement des objectifs en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes à travers le monde.

Repoussé d’un an, en raison de la situation sanitaire, il débute le lundi 29 mars, jusqu’au 31 mars 2021 à Mexico et culminera en juin 2021 à Paris. Initié par ONU Femmes, co-présidé par la France et le Mexique, en partenariat avec la société civile, il marque le 26e anniversaire de la quatrième conférence mondiale sur les femmes et de l’adoption de la Déclaration et le programme d’action de Pékin, qui avait marqué une étape importante dans la reconnaissance internationale des droits des femmes.

Cette année, le Forum Génération Egalité réunira à nouveau les Etats, les organisations internationales, la société civile et le secteur privé pour définir une série d’actions concrètes faisant progresser l’égalité femmes-hommes et les droits des femmes dans le monde, dans un certain nombre de domaines : les violences basées sur le genre, les droits économiques, les droits et la santé sexuels et reproductifs, la justice climatique, l’accès aux nouvelles technologies ainsi que le soutien aux mouvement et au leadership féministe.

Initialement prévu pour rassembler des milliers de militant-e-s féministes du monde entier, le Forum se tiendra vraisemblablement dans un format plus réduit en présentiel.

Ce forum ne doit pas être un rendez-vous manqué pour les droits des femmes. Les Etats, en particulier, doivent s’engager à mettre en œuvre des politiques publiques et allouer des moyens pour lutter réellement contre les inégalités de genre.

Les femmes et minorités de genre n’attendront pas encore un siècle pour connaitre l’égalité ! L’enjeu de sensibilisation et de mobilisation citoyenne en amont est donc de taille et représente à la fois un moteur et une source d’espoir, au vu des fortes mobilisations en faveur d’une meilleure justice sociale, et ce, en dépit de reculs en matière de droits de femmes et minorités de genre.

Oxfam, partie prenante de ce Forum Génération Egalité, mobilise le pouvoir citoyen

Ce Forum apparaît d’autant plus essentiel un an après le début de la pandémie de Covid-19. Les femmes ont été les plus impactées par la pandémie mondiale et la crise économique, du fait de leur surreprésentation dans les métiers les plus précaires. Avant même cette pandémie mondiale, Oxfam dénonçait un système économique injuste et sexiste, avec de profondes inégalités économiques entre les femmes et les hommes. Ces inégalités ont été exacerbées avec la crise sanitaire, alors même que les femmes ont été en première ligne, occupant plus de deux tiers des emplois dans le secteur du soin.

Organisation défendant le « pouvoir citoyen », Oxfam veut mettre en lumière, dans toutes ses thématiques de travail, que chaque personne en action, à son niveau, est porteuse de solutions, d’une voix, d’un pouvoir. Cela s’applique bien sûr à notre travail sur les questions d’inégalités de genre, des droits et de la place des femmes dans le monde. En tant que partie prenante du Forum Génération Egalité à travers des actions de plaidoyer, de sensibilisation et de mobilisation citoyenne, nous souhaitons que ce Sommet apporte de réels changements structurels pour tendre vers des politiques publiques féministes, solidaires et intersectionnelles ; et permette d’adopter des mesures fortes en faveur de l’égalité de genre en France et dans le monde.

Défendons ensemble une reconstruction féministe !

Les femmes ont été les plus impactées par la crise liée à la Covid-19 et leurs droits sont aujourd’hui menacés. Plus que jamais, les dirigeant·e·s du monde entier doivent apporter des solutions féministes.

Pour une relance féministe, Oxfam soutient qu’il faut :

  • Investir davantage dans les services publics (santé, éducation, accès à l’eau, protection sociale) qui sont des puissants leviers de réduction des inégalités entre les femmes et les hommes.
  • Promouvoir des politiques publiques qui déchargent les femmes du travail domestique (allonger et mieux répartir les congés parentaux, renforcer le service public de la petite enfance, mener des campagnes de sensibilisation sur un partage plus égalitaire des tâches domestiques).
  • « Plafond de verre » et « plancher collant » : pour réduire les inégalités femmes-hommes dans le marché de l’emploi il faut à la fois :
    • Plus de femmes aux postes de décision, notamment via des mesures telles que les quotas dans les organes de direction des entreprises.
    • Revaloriser les métiers à prédominance féminine, plus précaires et injustement rémunérés : métier du soin, aide à la personne, assistante maternelle, commerce alimentaire, métiers de l’entretien.
  •  Evaluer l’impact des politiques publiques sur la réduction des inégalités femmes-hommes – à travers l’instauration de données désagrégées par sexe et par quartiles de richesses.
  • Adopter une aide publique au développement féministe, en augmentant les financements liés à la justice de genre dans les pays en développement et en soutenant massivement les mouvements féministes, en première ligne des combats en faveur des droits des femmes.