Les femmes au cœur de la lutte contre la pauvreté

Chaque jour, des millions de femmes nous inspirent, en nous démontrant que la pauvreté n’est pas une fatalité et qu’il est possible de construire un monde qui profite à toutes et tous, et non à quelques individus. Découvrez leurs histoires.

Frances Adong : défendre ses droits, faire entendre sa voix, pour sortir de la pauvreté

Grâce à son esprit d’entreprise et à sa volonté constante de mettre son énergie au service de sa communauté, Frances Adong a réussi à surpasser un drame personnel pour en faire une force.

« Nous avons beaucoup lutté pour avoir accès à l’éducation, la santé et d’autres services dans cette région. J’ai réalisé que si nous nous unissions pour présenter nos demandes aux responsables politiques, nous pouvions améliorer notre vie. »

Agir en mobilisant sa communauté

Depuis presque dix ans, Frances Adong est active au sein du comité de planification de la région d’Oseera, en Ouganda. En tant que leader d’un parlement citoyen (une assemblée locale), elle joue un rôle essentiel pour mobiliser et informer sa communauté. Ces groupes, organisés au niveau d’une petite communauté, permettent aux villageois-e- s de discuter de leurs besoins avec des membres du gouvernement, renforçant ainsi la capacité d’agir des citoyennes et des citoyens sur les décisions qui impactent directement leurs vies.

Frances Adong revient de loin. Son mari est décédé du VIH/SIDA en 2000, la laissant seule pour subvenir aux besoins de ses quatre enfants, notamment pour payer leurs frais de scolarité. Bien que ces circonstances l’aient bouleversée, elle n’a jamais arrêté d’agir pour sa communauté.

Cette tragédie l’a poussé à devenir militante. Peu après la mort de son mari, Frances Adong a décidé d’agir contre l’épidémie de VIH/SIDA qui se propageait dans sa communauté, détruisant des familles entières. Elle a réuni les femmes de sa paroisse et créé une association.

Dialoguer avec les élus pour défendre ses droits

A travers son engagement militant, Frances Adong a pu participer à une formation organisée par le réseau des associations de la société civile (PAC) soutenu par Oxfam, avec l’appui financier du gouvernement néerlandais. La formation lui a permis d’agir directement sur les problèmes auxquels elles et ses voisins faisaient face, notamment l’absence d’école à Oseera, poussant les enfants à marcher des kilomètres pour avoir accès à l’éducation. Avec l’aide de PAC, Frances a organisé des réunions entre les communautés locales et les représentants du gouvernement pour remédier à ce problème.

Peu après, elle a mobilisé sa communauté pour élire un parlement citoyen, et renforcer ainsi le dialogue avec les élus. Après des intenses efforts de dialogue et d’influence politique auprès du gouvernement, le village d’Oseera possède aujourd’hui une école.

En défendant ses droits, en faisant entendre sa voix, Frances contribue à changer les conditions de vie de toute sa communauté. C’est grâce à des hommes et femmes tels que Frances que, chaque jour, la pauvreté recule à travers le monde.

Phạm Thị Hậu : s’informer et agir ensemble pour améliorer ses conditions de vie

Pour Phạm Thị Hậu, vendeuse ambulante à Hanoï, son rôle ne se limite pas à vendre des balais. Elle informe les femmes migrantes sur leurs droits, sur l’égalité de genre, sur les aides dont elles peuvent bénéficier, et sur la manière dont elles peuvent aider les autres à leur tour.

Phạm Thị Hậu est une meneuse et contribue, chaque jour, à changer la vie des femmes qu’elle côtoie.

Phạm Thị Hậu est une meneuse, un caractère forgé sur une lutte constante pour vivre dignement : elle a subi des années de pauvreté, de violence domestique, de veuvage, et a dû lutter pour gagner assez d’argent afin de scolariser sa fille.

Deux ans auparavant, Pham Thi Hâu était timide, incapable de prendre la parole en public.

Aujourd’hui, Phạm Thị Hậu endosse parfaitement son rôle d’animatrice d’un groupe de femmes, notamment suite à sa participation au projet STONES, crée par Oxfam avec le soutien financier du gouvernement belge.

La force du collectif pour sortir de la pauvreté

Il est 20h, et 18 femmes se réunissent devant leur foyer. Elles sont toutes vendeuses ambulantes à Hanoï. Ces femmes sont vulnérables sur tous les fronts : pauvres, isolées socialement et souvent l’objet de violence et de harcèlement.

Bien que ces femmes soient épuisées de leur journée, elles sont heureuses de retrouver le groupe.

Pham Thi Hâu anime un des 17 groupes réunissant les vendeuses ambulantes. Son objectif est de leur donner toutes les informations nécessaires et de les aider à développer des compétences qui, demain, leur permettront de vivre dans de meilleures conditions et de se protéger. Géré localement par l’association LIGHT (Institut de Développement et de Santé Communautaire), le projet a soutenu environ 4 000 personnes.

En devenant des actrices à part entière de l’économie locale, en développant la connaissance de leurs droits et en se soutenant mutuellement, les femmes se sentent progressivement plus en sécurité, plus indépendantes et plus légitimes à faire entendre leurs voix et à promouvoir leurs droits.

Connaître ses droits, une condition indispensable pour sortir de la pauvreté

La connaissance d’une information a particulièrement impacté la vie de ces femmes : elles ont le droit à une assurance santé. Avec l’aide de STONES, plus de 130 femmes ont pu s’inscrire et dépasser les barrières bureaucratiques qui jusque-là ne leur permettaient pas d’en profiter.

Oxfam continue de travailler avec des groupes comme LIGHT pour renforcer les réseaux de défense des droits des travailleuses et améliorer la législation pour la protection sociale des travaileuses et des travailleurs immigré-e-s.

Phạm Thị Hậu se souvient : « Avant le projet STONES, j’étais seule avec ma fille contre le monde. Aujourd’hui, je me sens forte et pleine de confiance. Je suis beaucoup mieux informée. »

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