Nana, médiatrice de santé en Géorgie
Nana Diasamidze est médiatrice de santé à Batumi, en Géorgie. Un travail complexe que l’on pourrait résumer en ces termes : permettre aux gens qui n’en ont pas les moyens de bénéficier de soins médicaux.

« Je ressens la nécessité d’aider et de me faire le porte-voix des plus démunis. Il faut absolument que le gouvernement étende la gamme des services médicaux qu’il fournit afin que chacun ait accès à des soins de santé de qualité : des habitants en bonne santé, c’est un pays qui va bien.«

En Septembre 2006, le gouvernement géorgien a commencé à privatiser le système de santé du pays. Le gouvernement a évalué à 15 % la part de la population du pays vivant en dessous du seuil de pauvreté et s’est engagé à leur fournir une aide médicale gratuite.

Mais selon certaines estimations, c’est près de 35% de la population qui vivrait sous ce seuil. Le nouveau système proposé par le gouvernement laisse donc un grand nombre de personnes dans l’impossibilité d’accéder à des soins médicaux.

Et même pour les gens concernés par ce programme d’aide, l’offre reste très limitée : ce n’est qu’une prise en charge partielle qui ne permet pas de couvrir le coût de certains médicaments.

Beaucoup de Géorgiens ne croient pas en ce système qui crée une catégorie de laissés-pour-compte, notamment au sein de la population la plus pauvre.

En tant que médiatrice pour l’organisation locale « Step Forward », Nana est chargée de superviser l’accès aux soins des populations de Batumi et des villages alentour. « Je suis là pour protéger et faire valoir les droits des patients, précise-t-elle. Je conseille les gens et les tiens informés de leurs droits et des aides auxquelles ils peuvent prétendre. Je leur présente les différents programmes gouvernementaux existants en matière de santé. Et je me bats pour une amélioration du système de santé.«

Nana connaît bien la situation des gens qui n’ont pas accès aux soins médicaux de base, et elle est persuadée que le nouveau système doit changer. « Le gouvernement doit étendre son système d’aide médicale gratuite à toutes les familles dans le besoin. Le critère de sélection doit être conçu de manière à intégrer toutes les personnes pauvres et doit garantir l’accès à des services d’assurance et à des programmes de soins. Les autorités devraient également tenir la population informée des aides en place et des droits de chacun.«

La situation actuelle met en évidence les problèmes qui se posent lorsque toute la population n’a pas accès à des soins de santé de qualité gratuits.

Nana secoue la tête lorsqu’elle raconte l’histoire de gens qui, faute de moyens, n’ont même pas accès aux traitements subventionnés par l’État, mais elle reste entièrement dévouée à sa mission. « J’adore mon travail et ce que je fais, dit-elle. Chaque jour où je peux aider des gens dans le besoin est un jour heureux.«

Une personne peut changer le cours des choses. Imaginez ce que six millions de personnes pourraient faire