Des ONG du Liban, de Tunisie et d’Algérie au cœur des négociations du traité sur le commerce des armes

Il y a deux semaines, j'étais à New York, mais je n'ai rien vu de ses grandes avenues, du Village ou de la statue de la liberté. Non… J'ai passé ma semaine dans les salles de négociations et les couloirs des Nations unies. Nous sommes dans la dernière ligne droite d'un processus historique, qui devrait conduire à l'adoption, en juillet prochain d'un Traité international sur le commerce des armes (TCA) !

C'est grâce à la mobilisation de la société civile, notamment la coalition internationale d'ONG Contrôlez les armes dont Oxfam est membre actif, qu'aujourd'hui nous sommes si près du but. En 2003, lorsqu'une grande campagne de mobilisation a été lancée dans plus de 70 pays, seulement trois gouvernements (Sri Lanka, Cambodge, Mali) soutenaient l'idée d'adopter un jour ce traité. Moins de dix ans après, les 193 Etats membres de l'ONU se réunissent régulièrement pour avancer sur ce dossier et s'apprêtent à négocier pendant vingt jours en juillet prochain le texte final du traité. Lors de ce dernier "comité préparatoire de la conférence de négociation du traité international sur le commerce des armes" (ouf !), du 13 au 17 février, j'ai rencontré des membres d'ONG originaires d'Algérie, du Liban et de Tunisie qui ont assisté à cette réunion pour témoigner des effets désastreux du commerce irresponsable des armes dans leur région et faire en sorte que la voix de leur société civile soit entendue. Qui de mieux placé pour dénoncer les tragédies causées par le manque de contrôle de ce commerce meurtrier ? Les événements tragiques du printemps arabe où des manifestants pacifiques sont tués et blessés tous les jours ne devraient laisser personne indifférent. Pourtant, la situation s'envenime de plus en plus en Syrie au vu et au su de la communauté internationale… J'ai été marquée par le dynamisme et le dévouement de ces défenseurs des droits de l'Homme qui se sont ralliés aux nombreuses ONG venues des quatre coins du monde pour scander le même slogan : "Donnez de la voix pour contrôler les armes ! Les Etats doivent adopter un traité fort et efficace, pas une coquille vide !". Ils ont également rencontré les diplomates des pays de leur région pour échanger sur leurs positionnements relatifs au traité ; l'occasion de comprendre davantage leurs préoccupations. Ils nous livrent leurs impressions sur cette semaine intense au siège des Nations unies.

Hazem Ksouri, avocat et président de l'association Tunisie libre

"Notre participation à cette session a été positive. Nous avons pu porter les voix de nos populations qui souhaitent le contrôle des armes parce qu'elles ont souffert et continuent de souffrir du commerce irresponsable des armes. Nos rencontres avec les délégations arabes ont été constructives. Nous avons échangé en toute franchise sur leurs positionnements en vue d'une relation de travail fructueuse dans les prochains mois notamment lors de la conférence de juillet. Nous avons porté un témoignage de terrain sur la dangerosité des armes en circulation au Sahel. Le rôle de la société civile est crucial pour pousser les Etats à adopter un traité fort qui régule véritablement le commerce des armes. Les événements sanglants en Syrie nous rappellent tous les jours l'urgence de ce traité."

Abdou Bendjoudi, blogueur et fondateur du Club des démocrates algériens

"Cette réunion est un succès pour trois raisons : tout d'abord, le processus a failli dérailler sur des interprétations de questions procédurales, mais les Etats ont réussi à trouver un terrain d'entente et adopter les règles de procédure de la conférence de juillet. Ensuite, les ONG sont motivées plus que jamais pour organiser des activités dans les capitales afin de porter la ampagne internationale Speak Ou et pousser leurs gouvernements à défendre des positions positives. Enfin, j'ai compris les dessous diplomatiques de ces négociations. Tout ou presque se déroule dans les coulisses. La plupart des décisions ont été prises cette semaine au Café Vienna au premier étage et non dans la salle officielle des négociations où chaque Etat a un siège dédié !"

Fadi Abi-Allam, président du Mouvement permanent de la paix au Liban

"A défaut d'avoir un monde dépourvu d'armes, celles-ci devraient servir à la protection et la défense légitime et non pas à tuer des innocents en violation totale des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Nous condamnons fermement tout excès de violence. Nos peuples aspirent à la paix, la liberté et la dignité. Ils ne méritent pas le sort qu'ils subissent. Notre travail sur le terrain reste prioritaire. Nous préparons une campagne régionale pour sensibiliser davantage le grand public sur les méfaits du manque de contrôle du commerce des armes et les inciter à rejoindre notre combat pour un traité fort qui sauvera des vies et protégera les générations futures."

rArr; Vous aussi, Donnez de la voix pour contrôler les armes

Billet de Rima Chemirik, chargée de plaidoyer Conflits – Contrôle du commerce des armes, Oxfam France

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C'est grâce à la mobilisation de la société civile, notamment la coalition internationale d'ONG Contrôlez les armes dont Oxfam est membre actif, qu'aujourd'hui nous sommes si près du but. En 2003, lorsqu'une grande campagne de mobilisation a été lancée dans plus de 70 pays, seulement trois gouvernements (Sri Lanka, Cambodge, Mali) soutenaient l'idée d'adopter un jour ce traité. Moins de dix ans après, les 193 Etats membres de l'ONU se réunissent régulièrement pour avancer sur ce dossier et s'apprêtent à négocier pendant vingt jours en juillet prochain le texte final du traité. Lors de ce dernier "comité préparatoire de la conférence de négociation du traité international sur le commerce des armes" (ouf !), du 13 au 17 février, j'ai rencontré des membres d'ONG originaires d'Algérie, du Liban et de Tunisie qui ont assisté à cette réunion pour témoigner des effets désastreux du commerce irresponsable des armes dans leur région et faire en sorte que la voix de leur société civile soit entendue. Qui de mieux placé pour dénoncer les tragédies causées par le manque de contrôle de ce commerce meurtrier ? Les événements tragiques du printemps arabe où des manifestants pacifiques sont tués et blessés tous les jours ne devraient laisser personne indifférent. Pourtant, la situation s'envenime de plus en plus en Syrie au vu et au su de la communauté internationale... J'ai été marquée par le dynamisme et le dévouement de ces défenseurs des droits de l'Homme qui se sont ralliés aux nombreuses ONG venues des quatre coins du monde pour scander le même slogan : "Donnez de la voix pour contrôler les armes ! Les Etats doivent adopter un traité fort et efficace, pas une coquille vide !". Ils ont également rencontré les diplomates des pays de leur région pour échanger sur leurs positionnements relatifs au traité ; l'occasion de comprendre davantage leurs préoccupations. Ils nous livrent leurs impressions sur cette semaine intense au siège des Nations unies.

Hazem Ksouri, avocat et président de l'association Tunisie libre

"Notre participation à cette session a été positive. Nous avons pu porter les voix de nos populations qui souhaitent le contrôle des armes parce qu'elles ont souffert et continuent de souffrir du commerce irresponsable des armes. Nos rencontres avec les délégations arabes ont été constructives. Nous avons échangé en toute franchise sur leurs positionnements en vue d'une relation de travail fructueuse dans les prochains mois notamment lors de la conférence de juillet. Nous avons porté un témoignage de terrain sur la dangerosité des armes en circulation au Sahel. Le rôle de la société civile est crucial pour pousser les Etats à adopter un traité fort qui régule véritablement le commerce des armes. Les événements sanglants en Syrie nous rappellent tous les jours l'urgence de ce traité."

Abdou Bendjoudi, blogueur et fondateur du Club des démocrates algériens

"Cette réunion est un succès pour trois raisons : tout d'abord, le processus a failli dérailler sur des interprétations de questions procédurales, mais les Etats ont réussi à trouver un terrain d'entente et adopter les règles de procédure de la conférence de juillet. Ensuite, les ONG sont motivées plus que jamais pour organiser des activités dans les capitales afin de porter la ampagne internationale Speak Ou et pousser leurs gouvernements à défendre des positions positives. Enfin, j'ai compris les dessous diplomatiques de ces négociations. Tout ou presque se déroule dans les coulisses. La plupart des décisions ont été prises cette semaine au Café Vienna au premier étage et non dans la salle officielle des négociations où chaque Etat a un siège dédié !"

Fadi Abi-Allam, président du Mouvement permanent de la paix au Liban

"A défaut d'avoir un monde dépourvu d'armes, celles-ci devraient servir à la protection et la défense légitime et non pas à tuer des innocents en violation totale des droits de l'homme et du droit international humanitaire. Nous condamnons fermement tout excès de violence. Nos peuples aspirent à la paix, la liberté et la dignité. Ils ne méritent pas le sort qu'ils subissent. Notre travail sur le terrain reste prioritaire. Nous préparons une campagne régionale pour sensibiliser davantage le grand public sur les méfaits du manque de contrôle du commerce des armes et les inciter à rejoindre notre combat pour un traité fort qui sauvera des vies et protégera les générations futures."

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Billet de Rima Chemirik, chargée de plaidoyer Conflits - Contrôle du commerce des armes, Oxfam France

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Rima Chemirik, notre chargée de plaidoyer Conflits - Contrôle du commerce des armes, a assisté avec des membres d'ONG originaires d'Algérie, du Liban et de Tunisie à une réunion préparatoire aux négociations finales du Traité sur le commerce des armes.

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