Epidémie Ebola en RDC : le seuil des 2000 cas franchi et des premiers cas confirmés en Ouganda

Loin d’être encore maîtrisée, l’épidémie d’Ebola qui touche l’Est de la République démocratique du Congo depuis 11 mois, continue de se propager. Depuis le 29 mai 2019 que le seuil des 2000 cas a été dépassé. A ce stade, plus de 1500 personnes sont mortes de cette épidémie d’Ebola qui est devenue la plus importante de l’histoire de la RDC, et la 2ème plus grave jamais enregistrée après celle qui a affecté l’Afrique de l’ouest entre 2013 et 2016.

La situation, est devenue plus préoccupante encore ces dernières semaines suite à la confirmation des premiers cas d’Ebola de l’autre côté de la frontière, en Ouganda. C’est en effet l’une des conséquences lorsqu’une épidémie se propage dans une zone frontalière, avec des milliers de déplacements quotidiens.

Un contexte extrêmement complexe et instable

Malgré les signes encourageants qui ont suivi l’élection d’un nouveau président en RDC, la situation sécuritaire reste extrêmement volatile avec des conflits persistants et une violence accrue dans plusieurs régions, y compris à l’Est du pays. Les femmes et les filles sont particulièrement exposées aux risques de contagion car elles sont les premières à s’occuper des malades et des enfants. Il est crucial de s’assurer que les femmes et filles soient incluses dans la réponse, que leur voix soient prises en compte et que des réponses soient apportées à leurs questions et préoccupations.

La reprise du conflit en Ituri depuis juin 2019, a forcé le déplacement de plus de 300 000 personnes qui se retrouvent aujourd’hui dans des camps et dans des familles d’accueil non loin des zones qui ont été touchées par l’épidémie Ebola. Ces déplacements massifs de personnes rendent encore plus difficile le suivi et le traitement des patients exposés au risque de contracter le virus. En avril, les violences sur le territoire de Beni ont forcé le déplacement de plus de 100 000 personnes dont 60 000 se sont réfugiées aux alentours de la frontière ougandaise.

Participation et confiance des communautés : deux facteurs clés pour le succès de la réponse

Ce contexte d’insécurité et de frustration que vivent les communautés depuis des décennies provoque la méfiance de nombreuses personnes vis-à-vis de la réponse Ebola. Certains montrent de la réticence à recevoir de l’aide, à se faire vacciner ou à accepter les activités de décontamination de leurs maisons ou encore l’inhumation.

« La stratégie de lutte contre le virus Ebola doit mieux reconnaitre l’importance cruciale de la confiance à établir avec les communautés. Nous rencontrons encore des personnes qui remettent en question l’existence du virus, d’autres pensent que la réponse est juste une activité lucrative. » s’inquiète la directrice d’Oxfam en RDC, Corinne N’Daw.

Les acteurs de la réponse Ebola doivent renforcer leurs efforts dans la mise en place de mécanismes permettant d’écouter les préoccupations des communautés et adapter la réponse en conséquence. La participation des communautés, de la société civile locale, des groupes de femmes, des leaders communautaires et des acteurs de santé locaux est cruciale pour mettre fin à l’épidémie. Notre réponse doit placer les communautés en première ligne de la réponse.

De ses nombreuses années d’expérience dans la lutte contre d’autres épidémies Ebola, Oxfam tire une conclusion très claire : la réussite de la réponse Ebola repose sur la confiance accordée par les personnes affectées. Peu importe l’efficacité du traitement, si les gens n’y croient pas, ils ne l’utiliseront pas.

C’est pourquoi, pour lutter contre l’épidémie d’Ebola, tous les efforts doivent être fourni pour construire une véritable relation de confiance avec les communautés de manière inclusive.

Réponse d’Oxfam

Notre réponse face au virus Ebola est axée sur la promotion des mesures d’hygiène et l’appui des solutions proposées par les communautés pour rompre la chaîne de transmission. Oxfam fournit également de l’eau saine et distribue des kits de lavage de mains et des kits de nettoyage de latrines. Nous améliorons les infrastructures des centres de santé, construisons des latrines, des douches et avons établi un système de récupération et de traitement de l’eau de pluie (impluvium) ainsi que de gestion des déchets.

Le travail d’Oxfam consiste aussi à s’assurer que les communautés sont aux cœurs de la réponse et à les aider à surmonter les barrières culturelles, les peurs et les idées reçues afin de contribuer à la lutte contre la propagation du virus Ebola le plus efficacement possible.

Depuis le début de l’épidémie, Oxfam a porté assistance à plus de 600 000 personnes dans les province du Nord Kivu (Butembo, Beni, Mangina et Goma) et dans la province de l’Ituri (Bunia). Nous sommes présents aussi en Ouganda, où nous surveillons la situation et sommes prêt à réagir si nécessaire.

Oxfam cherche à sécuriser du financement pour renforcer ses activités de sensibilisation auprès des communautés ainsi que pour fournir de la nourriture aux survivantes et survivants d’Ebola dans le but d’aider leur réintégration économique et sociale.