Liban : comment Oxfam vient en aide aux réfugiés syriens

Le conflit en Syrie a forcé plus de 2,3 millions de personnes à fuir le pays. Près de 860 000 d'entre elles se sont réfugiées au Liban. Depuis le début de la crise syrienne, Oxfam est venue en aide à plus de 875 000 personnes, en Syrie, au Liban et en Jordanie. Nos programmes sur le terrain sont extrêmement variés : de la réparation des réseaux d’eau en Syrie, à l’installation d’équipements sanitaires dans les camps de réfugiés, en passant par des distributions de biens de première nécessité, d’argent ou de coupons alimentaires, comme ici, dans la vallée de la Bekaa, au Liban.

Entre septembre et novembre 2013, grâce à un financement de 449 888 € de l’ambassade de France au Liban accordé à Oxfam France, nous avons pu financer un programme d’aide alimentaire pour 2 500 familles, parmi les plus vulnérables.
En partenariat avec des associations locales comme NAVTSS (National Association for Vocational Training & Social Services), Oxfam a distribué des coupons alimentaires pouvant être utilisés dans un certain nombre de commerces locaux.

Ayad et Nawal font partie des bénéficiaires de ce programme. Avec les coupons, ils ont pu acheter des œufs, du fromage, du poulet et des conserves pour eux et leurs quatre enfants : Farida (6 mois), Imad (3 ans), Farah (6 ans), et Nasser (9 ans).

Ayad raconte que lorsqu’ils sont arrivés, après avoir fui leur village près d’Alep pris dans les affrontements, la famille est restée dans la rue pendant un mois. Ils ont fini par trouver un logement, très sommaire. Pas d’eau courante, des fenêtres cassées, de l’électricité fournie par le générateur du village, des rats, pas de toilettes…
Ayad et Nawal ont pris leur courage à deux mains et font de leur mieux pour aménager leur abri. Ayad va construire un abri pour les toilettes, aujourd’hui un simple trou dans le sol entouré de draps.

Ils ont envisagé de retourner en Syrie. "Nous n’avions pas une grande maison en Syrie, juste deux chambres, mais au moins c’était notre maison. Nos enfants pouvaient jouer dans la cour, nous avions l’eau et l’électricité." Mais, chez eux, leurs enfants ont été touchés par une grenade. Ils ont encore des bouts de shrapnel dans les jambes. Le traumatisme était trop grand.
"Je préfèrerais qu’ils soient nés dans un contexte différent, ajoute Nawal. C’est dur de voir ses enfants effrayés tout le temps, au lieu de jouer, comme devraient le faire des enfants. Avant d’arriver ici, leur grand jeu était de reconnaitre les tirs de grenade, de mitrailleuses… Demandez à Nasser, il peut vous citer tous les types de munitions."

Leurs familles sont toujours là-bas. Chaque semaine, un bus arrive de Syrie. Ayad et Nawal demandent des nouvelles aux arrivants. "Ils nous disent ‘oui, vos parents sont en vie’ et c’est la meilleure nouvelle que nous pouvons recevoir".

Pourtant, malgré la dureté de leur situation, Ayad s’estime chanceux : "Nos voisins dans le village sont gentils. Je remercie Dieu de ne pas habiter sous une tente. Ceux qui vivent dans des camps ou sous des tentes ont encore plus besoin de votre aide que nous."

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