Une décennie de guerre en Syrie, 10 années de lutte pour la survie

La guerre en Syrie marque déjà pour la 10ème année l’histoire du pays. Une décennie entière de bombes, de conflits qui continuent de causer d’énormes souffrances aux populations syriennes mais qui impactent aussi les populations dans les pays de la région.  Alors que les lignes de front semblent calmes, des millions de syrien-ne-s luttent encore pour survivre à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

 

Plus de 11 millions de Syriennes et de Syriens sont toujours en besoin d’aide humanitaire

L’ampleur de cette crise régionale est immense et les besoins humanitaires de la population restent très importants, notamment à cause d’un accès très restreint des ONG dans plusieurs régions.

Aujourd’hui, le constat de la crise humanitaire est sans appel :

  • 13 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer, soit environ 60% de la population syrienne. 7 millions sont aujourd’hui déplacés internes, elle représente la 1ère population déplacée interne du monde.
  • 6,6 millions de syriens ont cherché l’asile à l’extérieur de la Syrie. Cela représente 1 réfugié sur 4 de la planète.
  • 83% des Syrien-ne-s vivent en dessous du seuil de pauvreté.
  • Selon l’OCHA, 13,4 millions de personnes en Syrie sont en situation de besoin d’aide humanitaire.
  • Plus de 15 millions de personnes ont besoin d’un accès à de l’eau potable.
  • Plus du 40% des écoles du pays a été détruite ou endommagée, laissant plus de 2,5 millions d’enfants non-scolarisés.
  • Face aux besoins sanitaires et la menace de la pandémie de Covid-19, la population syrienne se retrouve sans possibilité de résister : la moitié des installations sanitaires sont partielle ou complètement détruites.

Depuis le déclenchement de la guerre en 2011, les destructions de villages et de quartiers ont plongé les habitants dans une situation alarmante : ils ne peuvent plus gagner leur vie, ni nourrir leurs familles, l’aide humanitaire est plus cruciale que jamais pour la survie des populations dans le pays.

Bruxelles V : une nouvelle opportunité pour soutenir les populations dans le besoin

Alors que ce lundi 15 mars 2021 marque une décennie de conflit,  une nouvelle conférence des donateurs, aussi appelée « Bruxelles V », se tient à Bruxelles à la fin du mois, le 30 mars. La communauté internationale, y compris la France, se doivent d’être à la hauteur des besoins humanitaires, mais pousser aussi pour que le feu cesse et un processus de paix inclusif et durable se tienne en Syrie.

La première crise de déplacés du monde

Le conflit en Syrie a déjà forcé plus de 13 millions de personnes à fuir leur foyer. 7 millions d’entre elles sont aujourd’hui déplacées internes, la plupart forcées de se déplacer plusieurs fois, faisant de la Syrie la première population déplacée interne du monde. Mais les populations doivent parfois traverser de frontières en quête de sécurité. 6,6 millions ont dû quitter la Syrie et sont maintenant réfugiées dans d’autres pays, soit 1 réfugié sur 4 de la planète.

L’accueil reste encore aujourd’hui malheureusement disproportionné : la Turquie,  la Jordanie et le Liban accueillent à eux trois plus de 90% des réfugiés syriens, et seulement 3% des réfugiés sont aujourd’hui accueillis par les pays les plus riches.

Le fait que la communauté internationale doive faire beaucoup plus pour venir en soutien aux réfugiés syriens et aux communautés hôtes est d’une évidence effroyable.

Un avenir pour la Syrie

Aujourd’hui, tous les acteurs impliqués, notamment les donateurs et les agences humanitaires, doivent saisir toutes les opportunités et apporter leur soutien afin que les communautés les plus vulnérables en Syrie puissent se rétablir et reconstruire leurs vies, et afin que l’aide humanitaire puisse arriver sans entraves dans toutes les régions du pays.

A long terme, l’avenir de la Syrie ne peut être déterminé qu’après un processus porté par la population syrienne, pour mener à une paix inclusive et durable. Les discussions sur la reconstruction restent aujourd’hui prématurées.

Pour autant, les syriennes et les syriens touchés par le conflit doivent avoir le droit d’être traités avec dignité, avoir la chance de gagner leur vie et avoir accès aux services de base : l’eau, la santé et l’éducation.

Moutaz Adham, Directeur du bureau d’Oxfam en Syrie  : « Afin d’aider le peuple syrien à se remettre de ce conflit dévastateur, des fonds sont nécessaires pour financer des services essentiels comme l’approvisionnement en eau, l’éducation et les soins de santé. Et les organisations humanitaires doivent pouvoir accéder aux communautés pour mettre ces services en place. Sans cet appui, les souffrances du peuple syrien risquent de se prolonger de nombreuses années encore ».

Oxfam soutient les populations dans et en dehors de la Syrie

Oxfam est actuellement présente dans neuf des 14 gouvernorats de Syrie et soutient les communautés syriennes établies dans les pays voisins. Nous sommes aussi présents au Liban, Jordanie et même Turquie, en soutien des besoins des populations locales et réfugiées.

Nous œuvrons toujours auprès et avec les communautés pour prévenir la propagation de maladies, y compris le Covid-19, en formant aux bonnes pratiques d’hygiène dans les écoles, en distribuant des aliments et en soutenant les petits exploitant-e-s agricoles.

Plus particulièrement, Oxfam axe son travail de terrain sur les activités suivantes :

  • Approvisionnement en eau : distributions d’eau, réparation des sources et des réseaux d’eau, installations d’infrastructures d’eau et assainissement,
  • Assainissement : réparation des réseaux d’égouts pour éviter des contaminations,
  • Promotion de l’hygiène : sensibilisation et distribution de kits d’hygiène, ce qui comprend par exemple du savon, de la lessive, des couches et des produits d’hygiène spécifiquement pour les femmes,
  • Sécurité alimentaire et moyens de subsistance : distribution de semences et d’actifs aux agriculteurs, mise en œuvre de programmes « argent contre travail » et soutien aux femmes et hommes pour acquérir de nouvelles compétences grâce à la formation professionnelle.