Le G20, c’est quoi ?

À l'origine, le G20 – ou groupe des 20 – réunissait une fois par an les ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales des vingt grandes économies (en fait 19 pays développés et émergents, plus l'Union européenne) afin de faciliter la concertation internationale sur les principaux enjeux économiques.

Collectivement, les économies du G20 représentent 90% du PIB mondial, 80% du commerce international et les deux tiers de la population de la planète. C'est un groupe puissant dont les efforts pour stimuler la croissance et réformer l'architecture financière internationale revêtent une importance cruciale. En 2009, le G20 a lancé un cadre pour "une croissance forte, durable et équilibrée". Pour en assurer le succès, ses membres ont promis de prendre des mesures draconiennes de lutte contre les paradis fiscaux, d'honorer leurs engagements en matière d'aide au développement et d'assurer l'accès des plus démunis à l'alimentation, à l'énergie et au financement. Mais, trop souvent, les dirigeants du G20 font primer la croissance économique sur les intérêts des populations défavorisées. Il nous appartient de mettre nos dirigeants devant leurs responsabilités.

Quel est l'ordre du jour ?

Cette année, le sommet du G20 aura lieu à Saint-Pétersbourg, les 5 et 6 septembre. La Russie, qui en assure la présidence, a présenté un vaste programme englobant les points suivants :

  • Le cadre pour une croissance forte, durable et équilibrée
  • La création d'emploi
  • La réforme de l'architecture financière internationale
  • Le renforcement de la régulation financière
  • L'énergie durable
  • Un développement pour toutes et tous
  • L'amélioration du commerce multilatéral
  • La lutte contre la corruption

La voie de la reprise économique mondiale est difficile, et Oxfam sera à Saint-Pétersbourg pour rappeler aux chefs d'État et de gouvernement que celles et ceux qui ont le plus de difficultés sont les personnes prises au piège de la pauvreté. Les 1,3 milliard de personnes qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour et dont plus de la moitié se trouvent dans les pays membres du G20. Il est essentiel de faire passer le message que la croissance économique ne suffira pas, à elle seule, à empêcher l'aggravation de la pauvreté dans les pays du G20 et ailleurs dans le monde. Les dirigeants réunis à Saint-Pétersbourg devront se mettre d'accord sur la façon de lutter contre les inégalités qui se creusent et définir des stratégies de croissance équilibrées et inclusives. Réduire les inégalités n'est pas seulement une obligation morale ; c'est aussi un impératif économique.

Ce que nous demandons au G20

Sébatsien Fourmy, directeur du plaidoyer et des études d'Oxfam France rappelle que "durant les deux jours que durera le sommet de Saint-Pétersbourg, 1,7 milliard d’euros s'envoleront vers les paradis fiscaux. Une somme qui suffirait à financer la moitié du budget national 2013 du Sénégal ou… 17 attaquants pour le Real Madrid, au choix." Le G20 ne peut plus se permettre de jouer la montre. Il doit agir et :

  • Lutter contre la fraude fiscale et la corruption qui saignent les pays pauvres et accorder à ceux-ci une place à part entière dans les négociations fiscales ;
  • Créer des répertoires publics des capitaux et avoirs des sociétés et ressortissants des pays du G20 ;
  • Affirmer la nécessité de mettre en œuvre pour les grandes entreprises la transparence, avec la publication de reportings pays par pays, comportant des informations telles que chiffre d'affaires, nombre d'employés, actifs… pour permettre de détecter les pratiques de fraude fiscale ou d'optimisation agressive ;
  • Réaffirmer la systématisation de l'échange automatique d'informations fiscales, sur un maximum d'informations, au niveau multilatéral.

A suivre

Retrouvez, sur Twitter, une partie de l'équipe d'Oxfam qui travaille sur le G20 :

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