Les militantes et militants d’un monde plus juste

Le mouvement citoyen qu’est Oxfam est porté au quotidien, à travers toute la France, par l’engagement de bénévoles, militant-e-s dans les groupes locaux de l’association. Au Contre G7, qui se tenait en amont du G7 du 19 au 26 août 2019 à Hendaye et Irun, les bénévoles d’Oxfam ont répondu présent-e-s. Au Contre G7 comme dans chacune de leurs actions avec les groupes locaux d’Oxfam, leur engagement est porté par une vision commune du construire ensemble un monde plus juste, durable et solidaire.

Pour lutter contre les inégalités, apporter une contre-voix citoyenne face au G7

Frédéric, 50 ans, membre du groupe local Oxfam d’Aix-en-Provence

Je suis venu au Contre G7, à Hendaye et Irun, car je voulais y représenter Oxfam et témoigner des actions et des messages portés par l’association. Le Contre G7 est aussi l’occasion de participer à des conférences, d’écouter et d’échanger avec des personnes porteuses d’alternatives, de solutions, que l’on a malheureusement peu l’occasion d’entendre dans les médias.

Comme j’avais une semaine de vacances, j’ai fait d’une pierre deux coups en venant dans la région avec toute ma famille !

Frédéric, avec Chloé, membre du groupe local Oxfam de Strasbourg et vice-présidente à la vie locale, lors du Contre G7 à Irun. Crédit : LGeai / Oxfam

De ce Contre G7, je retiens à la fois un foisonnement d’initiatives, mais aussi une structuration forte des mouvements sociaux qui doit être poursuivie. L’objectif est désormais de poursuivre un véritable travail pédagogique. Ici, nous sommes encore beaucoup trop « entre nous », entre militantes et militants convaincus. Il est important d’agir pour être toujours plus ouverts, accessibles et faire en sorte que ce que l’on défend soit le plus compréhensible et audible possible.

Le Contre G7 est un moment parmi tant d’autre dans la vie de la société civile. Il est important de multiplier et diversifier les temps de rencontres, lors d’événements aussi festifs, qui ne s’inscrivent pas contre quelque chose mais sont porteurs des voix et des propositions citoyennes. De grandes agora ou parlements citoyens en quelques sortes !

Pour les personnes qui ne sont pas convaincu de l’importance d’un événement tel que le Contre G7, je crois qu’il est important de rappeler ce qu’est le G7. C’est un sommet où les dirigeants et les dirigeantes des économies qui participent à la financiarisation du monde, à l’accroissement des inégalités, à la crise climatique, se réunissent. Il est indispensable d’avoir un contrepoids citoyen à ce sommet. Ce contrepoids, il est aussi médiatique.

Changer les politiques à l’origine des inégalités et de la pauvreté

Aujourd’hui, agir sur la crise mondiale des inégalités est primordial. Le G7, rencontre des pays parmi les plus riches de la planète, ont la possibilité d’agir pour faire en sorte que tout le monde, notamment dans les pays les plus pauvres mais aussi au sein de leur société, ait accès aux services les plus essentiels. Cela est d’autant plus urgent au regard de la crise climatique et de l’accroissement des inégalités qu’elle engendre.

Mon engagement a commencé sur le terrain, en étant bénévole sur des projets humanitaires. Mais ce que l’on voit alors, c’est que l’action humanitaire sans travail de plaidoyer de fond, n’a pas beaucoup de sens. C’est comme remplir un puit sans fond. Oxfam a décidé depuis toujours d’allier les deux, et c’est ce double travail qui m’a convaincu. Il est primordial de changer les politiques qui créées les inégalités, qui sont à la l’origine de la précarité et de la pauvreté. Avec Oxfam, j’ai appris ce militantisme au sein des groupes locaux, dans une très bonne ambiance, et tout en sachant que ce que l’on portait était issu de l’expertise de terrain de l’association.

Des militantes et des militants à la détermination sans faille pour agir contre les inégalités et la pauvreté

Olivia, 34 ans, membre du groupe local Oxfam de Paris

De ce Contre G7, je retiens surtout la détermination exceptionnelle de toutes les personnes que j’ai eu l’occasion de rencontrer. Au cours de ce sommet essentiel de la société civile, toutes les associations, au niveau national et local, se sont mobilisées, sur les questions d’inégalités, de lutte contre les changements climatiques, de justice fiscale…

Olivia, membre du groupe local Oxfam de Paris, était présente au Contre G7 pour faire entendre la voix du pouvoir citoyen ! Crédit : LGeai / Oxfam

La société civile a le sens des responsabilités, contrairement aux dirigeant-e-s du G7

Les plus sceptiques peuvent se demander s’il est réellement possible de faire avancer les choses, et de les faire avancer dans le bon sens. Mais je dirais que la question n’est pas là : il est nécessaire, même indispensable, qu’elles avancent. Et la société civile a un grand rôle à jouer pour cela. Ce Contre G7 m’a rappelé à quel point toutes les organisations, toutes les personnes qui composent cette société civile, sont conscientes de cette responsabilité qui est la leur et de l’importance d’aller au bout de toutes leurs actions pour obtenir des changements réels. Le passé nous a déjà démontré que cette détermination payait. Je suis persuadée que ce sera de nouveau le cas dans le futur.

Il est indispensable que les dirigeants et les dirigeantes comprennent et acceptent le rôle que doit jouer la société civile. Malheureusement, au cours de ce G7, cette participation n’a été que de façade, pour ne répondre qu’à un objectif d’affichage, notamment de la part de la présidence française. Les recommandations de la société civile n’ont pas été prises en compte.

C’est pour cela que les résultats de ce G7 sont décevants. Pourtant un sommet comme le G7 n’est pas inutile. Les expériences passées nous ont montré que des décisions politiques importantes pouvaient y être prises. Seul manque le sens des responsabilités face à l’urgence et le courage d’agir.

Je crois fondamentalement au pouvoir citoyen

L’augmentation des inégalités, les conséquences du dérèglement climatique et l’inaction, voir le cynisme, des responsables politiques m’indignent. Je refuse de me résigner, de regarder ce qui se passe sans agir et d’accepter l’accroissement des inégalités comme une fatalité. Je crois fondamentalement au pouvoir citoyen. Je sais que j’ai la possibilité d’agir, et ce n’est pas forcément toujours le cas à travers le monde. Alors je le fais.

Je ressors de ce Contre G7 plus déterminée que jamais à obtenir gain de cause. Si ce n’est pas à ce G7, ce sera bientôt, car nous maintiendrons la pression citoyenne que nous avons exercée tout au long de la semaine et du week-end.

Un mouvement comme Oxfam est garant d’une exigence citoyenne face aux actions des responsables politiques

Régis, 61 ans, membre du groupe local Oxfam d’Orléans

J’ai toujours été intéressé par les actions et les messages portés des organisations comme Oxfam, il ne me manquait que le temps libre pour m’engager plus fortement. Je suis désormais un jeune retraité. Je profite donc du temps que j’ai pour m’engager auprès de plusieurs associations, dont Oxfam France.

 

C’est ma manière de contribuer, d’apporter ma pierre à l’édifice d’un monde plus juste.

Je suis notamment de près les enjeux autour de la politique fiscale française. Oxfam France est très investie sur la question, comme des collectifs tels que « Stop aux paradis fiscaux » dont je fais partie. Cet intérêt est lié à mon ancienne activité professionnelle, puisque je travaillais dans la finance et la comptabilité au sein d’une grande entreprise.

Durant le Contre G7, j’ai eu l’occasion d’assister à un grand nombre de conférence. Forcément je ne suis pas d’accord avec tout ce qui est dit, le Contre G7 rassemblant des organisations très différentes. Mais c’est intéressant de voir plus en détails ce qui se dit, ce qui est proposé. Et je ne me défais jamais d’un certain esprit critique !

Oxfam utilise toutes les cordes à son arc pour peser dans le débat politique

Selon moi, il est très important qu’une ONG comme Oxfam fasse partie du Contre G7, tout en continuant en parallèle son travail de dialogue avec les responsables politiques qui étaient réunis à Biarritz. Nous sommes dans un rapport de force, qu’il faut poursuivre en utilisant toutes les cordes à notre arc.

Mobilisation des bénévoles des groupes locaux d’Oxfam France lors de la grande marche des alternatives organisée lors du Contre G7, à Hendaye et Irun. Crédit : LGeai / Oxfam

Lorsque l’on regarde la question climatique, on voit que la France a initié des engagements lors de la COP21, en défendant l’Accord de Paris. Mais on voit aussi que ce n’est pas suffisant ni suivi d’effet. L’action doit se poursuivre et un mouvement citoyen comme Oxfam doit être garant d’une exigence certaine.

Je suis quelqu’un d’assez concret. Ce que je vois, c’est que le G7 a l’argent, les moyens de généraliser des fonds d’aide tout en contrôlant les excès de la mondialisation. Ce que je vois, c’est qu’aujourd’hui encore, plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim. Face à cela, les mots de suffisent pas. Il serait bon que les dirigeantes et dirigeants du G7 soient eux aussi un peu plus concrets.

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