Les droits de l’Homme font leur cinéma

« {Le cinéma documentaire est l'outil le plus puissant pour sensibiliser le plus grand nombre aux enjeux des droits humains.} » C'est, pour Vincent Mercier, son directeur, la raison d'être du Festival international du film des Droits de l'Homme (FIFDH). La 9è édition s'est déroulée du 8 au 15 mars avec la projection des 24 documentaires de la sélection au cinéma parisien Le nouveau Latina.Nicolas Vercken, responsable de plaidoyer « Conflits et protection des populations » faisait partie du jury « Dossiers et grands reportages » en compagnie de Sophie Malibeaux, grand reporter chez RFI et Dorian Malovic, chef du Service Asie du quotidien La Croix.
_ Une expérience passionnante, « même pour un 'professionnel' de ces questions : c'est l'occasion de se replonger dans la réalité, de se remotiver, un peu comme une piqûre de rappel militante, raconte Nicolas Vercken. Tant pour les spectateurs que pour les membres du jury, il s'agit également d'un vecteur de rencontre, une occasion de se rencontrer – et d'agir !
_ En tant que membre du jury, j'ai notamment regardé les vertus pédagogiques et réalistes des documentaires proposés, leur capacité non seulement à susciter l'indignation, mais aussi la révolte et surtout à constituer un appel à l'action, tant individuelle que collective. A titre personnel, j'avoue que je suis très sensible au choix des musiques et à leur utilisation à bon escient pour appuyer la narration, sans toutefois verser dans le pathos. »

 

C'est à un « ovni de la sélection », War Don Don, que le jury « Dossiers et grands reportages » a choisi de remettre son Grand Prix : un film sur Issa Sesay, criminel de guerre, en attente d'être jugé par la Cour spéciale pour le Sierra Leone.

_ « Au-delà de ses qualités indéniables de réalisation et de scénarisation, c'est surtout un documentaire qui apporte plus de questions que de réponses, qui permet de s'interroger sur la différence entre le bien et le mal, entre la paix et la justice. Un homme est-il foncièrement mauvais ? Peut-il le devenir ? Surtout, il ouvre un débat terriblement pertinent sur la justice pénale internationale : vaut-elle ce qu'elle coûte ? Répond-elle aux attentes des populations dont les vies ont été brisées ? Le point de vue privilégié ici – celui d'un chef de guerre sur le banc des accusés et surtout des avocats de la défense – met sans aucun doute mal à l'aise, mais il crée cette exigence de comprendre la réalité dans toute sa complexité et de ne pas se satisfaire de jugements binaires et hâtifs. », juge Nicolas Vercken.

ar Don Do , film de Rebecca Richman Cohen

 

Le Prix spécial du jury a lui été attribué à Qui a tué Chea Vichea ? , sur l'assassinat du président du syndicat des travailleurs du textile cambodgien.

_ « C'est un film dont on ressort profondément choqué et indigné, mais aussi fortement motivé par un désir de 'faire changer les choses', dans ce cas, et à chaque fois que les grandes puissances font passer la justice et la vérité après leurs propres intérêts économiques de court terme. Bradley Cox manie avec beaucoup d'adresse des images d'archives fortes et violentes, ainsi qu'un travail de reconstitution historique qui s'apparente à une véritable enquête policière qui tient en haleine le spectateur. Au-delà du cas individuel – symbolique et poignant – c'est le déni de justice dont est victime tout un peuple qui est mis en lumière. »

ui a tué Chea Vichea , film de Bradley Cox

 

écouvrir l'ensemble du palmarès sur le site du Festiva
[Tous les films de la sélection->http://www.festival-droitsdelhomme.org/paris/index.php?option=com_extend&view=category&layout=blog&id=12&ecid=9&Itemid=168&lang=fr]
– Le programme [« Conflits et protections des populations »->http://oxfamfrance.org/-Conflits-et-protection-des-] d'Oxfam France

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