Journée mondiale de l’alimentation

Une transition agricole et alimentaire s’impose pour le climat, la faim et les femmes

Climat, faim et pauvreté représentent un même combat dans un contexte qui pose à nos dirigeant-e-s le défi de nourrir plus de 7 milliards d’humains autour de modèles agricoles durables.

Découvrez le rapport d’Oxfam. 

Les changements climatiques apparaissent en effet comme les pires ennemis de la lutte contre la faim : sécheresses, inondations et autres phé-nomènes climatiques extrêmes se multiplient, impactant directement la sécurité alimentaire. Ils ont aussi des effets dévastateurs pour les agriculteurs familiaux des pays du Sud, notamment les femmes qui représentent 43 % des producteurs agricoles, et sont même majoritaires à travailler la terre dans certains pays.

En 2019, le monde a connu 6 famines  sans précédent, et les Nations Unies ont annoncé en 2017, pour la première fois depuis 10 ans une augmentation du nombre de personnes souffrant de la faim : 815 millions de personnes, soit 11 % de la population mondiale.

La lutte contre la faim régresse depuis maintenant 3 ans, aggravant la pauvreté alors que notre système agricole et alimentaire produit de la nourriture en quantité, mais génère aussi beaucoup d’inégalités. A la question des modèles agricoles durables s’ajoute celle du partage des ressources agricoles, et du rôle des femmes.

Tandis que l’urgence climatique n’est plus à prouver, les scientifiques ont démontré parallèlement que notre modèle agricole et alimentaire n’est plus viable, et qu’amorcer une transition devient inévitable.

Si la défaillance de ce système est globale et revêt différents visages, les racines restent les mêmes : un système agricole et alimentaire basé sur la prévalence de l’industrie, qui concentre les richesses entre les mains d’un petit nombre d’acteurs et alimente la crise climatique.

La journée mondiale de l’alimentation oblige à se pencher sur l’échec des politiques menées depuis des décennies qui loin d’avoir résolu la question de la faim, l’ont parfois aggravée, en négligeant les femmes qui travaillent la terre. Et de se questionner sur les choix politiques qui s’imposent si l’on veut s’acheminer vers un futur durable et juste.

Cinq chiffres clés de la faim dans le monde

  • Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le nombre de personnes souffrant de la faim a augmenté pour la quatrième année consécutive en 2018. La sous-alimentation chronique a touché plus de 811 millions de personnes en 2017 (soit 1 personne sur 9), pour atteindre environ 821 millions de personnes en 2018.
  • La part globale de l’aide dédiée à l’agriculture n’augmente pas : seuls 6,1 milliards de dollars ont été décaissés sur les 22 milliards de dollars promis. Or cette aide pourrait aider les femmes agricultrices à adapter leur activité aux changements climatiques.
  • Les femmes représentent pourtant près de la moitié de la main-d’œuvre agricole dans les pays en développement.
  • L’Afrique de l’Est a connu des vagues de sécheresse en 2005, 2006, 2008 et en 2011. Cette dernière a touché plus de 13 millions de personnes et a causé une famine en Somalie, qui a entraîné le décès de 260 000 personnes.
  • Selon le dernier rapport du GIEC sur « Terres et changements climatiques », en continuant sur la trajectoire actuelle de consommation dans les pays développés, les émissions totales du système agricole et alimentaire pourraient augmenter de 30 à 40% d’ici à 2050.

Ressources pour aller plus loin

Découvrez le dernier rapport d’Oxfam, paru à l’occasion de la journée de l’alimentation : « Une transition agricole et alimentaire s’impose pour le climat, la faim et les femmes ».