Une place à la table des négociations, préserver les droits des femmes en Afghanistan

Dans ce rapport, Oxfam rappelle que les acquis obtenus par les Afghanes en matière de droits au cours des dix dernières années pourraient significativement s’éroder, voire disparaître en cas d’accord de paix négocié à la va-vite.

Le rapport souligne que le recul de certains des droits acquis par les femmes après 2001 est déjà visible. En effet, bien que de vraies améliorations aient été relevées dans le domaine de l’éducation, avec près de 2,7 millions de jeunes Afghanes actuellement scolarisées, contre quelques milliers sous le régime Taliban, les progrès enregistrés ailleurs sont discutables.

Ainsi, depuis 2005, un quota impose la présence d’un minimum de 68 femmes au sein du Parlement afghan. Elles sont aujourd’hui 69 à y siéger ; en revanche, le gouvernement afghan ne compte qu’une seule femme ministre. Même tendance dans la fonction publique, où la part des femmes a chuté de 31% en 2006 à 18,5% en 2010.

Le rapport relève également que la loi historique portée par le gouvernement sur 'l’éradication des violences faites aux femmes', qui met sous le coup de la loi des pratiques traditionnelles comme les crimes d’honneur ou les mariages de mineurs, n’est en vigueur que dans 10 des 34 provinces du pays.

Oxfam appelle les dirigeants internationaux à s’assurer que tout accord de paix comporte des points garantissant les droits des femmes, tels que le suivi de la scolarisation des filles et du nombre de femmes dans la vie publique. Oxfam demande également à l’Etat afghan et à la communauté internationale de garantir que les femmes participent de manière significative à tous les niveaux des processus de paix, de manière à ce que le gouvernement afghan honore sa promesse d’un taux de représentation des femmes de 30% dans les administrations. L’ONG souhaite enfin que les dirigeants assurent le financement continu des services dont bénéficient les femmes, comme les écoles, les formations à la prise de responsabilité, ou l’accès aux services de base, et ce après 2014.

Auteur(s) du rapport

Oxfam