RDC : Oxfam France demande d’urgence la nomination d’un envoyé spécial et davantage de troupes de maintien de la paix

{{L’association Oxfam France appelle aujourd’hui la communauté internationale à nommer immédiatement un envoyé spécial de haut niveau et à fournir un soutien militaire supplémentaire à la force de maintien de la paix de la MONUC afin de stopper la violence à l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).}}

Selon Oxfam, la communauté internationale doit faire pression pour mettre fin immédiatement aux combats, garantir la sécurité de la population de l’Est de la RDC et initier un processus de paix véritable et durable.
« Il faut de toute urgence changer de braquet diplomatique pour résoudre le conflit au Congo. Au cours des dix dernières années, des accords de paix ont été signés et des troupes de maintien de la paix déployées, sans suffisamment de soutien international – tous ont d’ailleurs échoué. Le conflit a déjà fait 5,4 millions de morts et des millions de personnes ont été forcées de fuir leurs maisons. La communauté internationale ne peut plus rester impassible devant des souffrances d’une telle ampleur » a déclaré Nicolas Vercken, de Oxfam France.

Oxfam appelle :

Le secrétaire Général de l’ONU à nommer immédiatement un envoyé spécial de haut niveau dans la région, mandaté pour ramener tous les protagonistes à la table des négociations, trouver un accord de paix durable et s’attaquer aux causes profondes du conflit.
A un soutien militaire supplémentaire pour la MONUC afin qu’elle puisse répondre de manière efficace aux assassinats ciblés de civils, aux viols de masse, ainsi qu’aux pillages systématiques de la part de tous les groupes armés.
A des mesures pratiques afin d’améliorer l’efficacité de la MONUC en terme de protection des civils.

« Il n’y a pas de solution strictement militaire à ce conflit ; il ne peut être résolu simplement par l’envoi de troupes ou de matériel militaire. Cependant, s’il est déployé correctement, un soutien militaire supplémentaire pourrait contribuer à l’amélioration de la sécurité, à l’application du cessez-le-feu et à la distribution par les agences humanitaires de l’aide à ceux qui en ont désespérément besoin » ajoute Nicolas Vercken.

Jusqu’à présent, la MONUC n’a pas été capable d’assurer la paix et de protéger les civils de l’Est du Congo. Sans un véritable projet politique accompagné d’un engagement diplomatique adéquat pour résoudre à la fois la crise actuelle et les facteurs à son origine, même l’envoi de troupes supplémentaires de la MONUC n’aura vraisemblablement que très peu de résultats.

Depuis le mois d’août, quelques 200 000 personnes ont dû fuir leurs maisons à cause des combats entre le Congrès National de la Défense des Peuples (CNDP) de Laurent Nkunda et l’armée congolaise. Les combats se sont intensifiés autour de Goma et dans l’Est du Kivu depuis quelques jours, obligeant des milliers d’autres à fuir leurs maisons ainsi que les camps dans lesquels elles cherchaient refuge. Les combats ont également empêché la distribution d’aide essentielle à ceux qui en ont besoin et des agences humanitaires ont été forcées de suspendre leurs opérations dans la zone.

En amont des débats qui doivent avoir lieu d’ici la fin de cette année au Conseil de Sécurité autour du renouvellement du mandat de la mission des Nations unies en RDC (MONUC), Oxfam France s’apprête à lancer une campagne de mobilisation et d’interpellation des pouvoirs publics avec le cri d’alarme « République Démocratique du Congo : massacre en cours ».

NOTES :

1. Le 23 janvier 2008, le gouvernement congolais et 22 groupes armés ont signé l'accord de paix de Goma, qui les engageait à un cessez-le-feu immédiat ainsi qu'au respect des principes internationaux des Droits de l'Homme. L'accord de Goma est la conséquence de l'accord du mois de novembre 2007 entre les gouvernements du Congo et du Rwanda (aussi connu sous le nom de communiqué de Nairobi), lequel avait pour objectif de régler la question de la présence des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé rwandais, à l'Est du Congo.

2. Avant même la recrudescence récente de la violence, il ne faisait pas bon être civil en République Démocratique du Congo. Depuis 1998, le conflit a entrainé la mort de 5.4 millions de personnes, notamment à travers des maladies et des famines. Environ un million de personnes a été déplacé à l'Est du pays. Le viol est endémique. Cette année, chaque mois plus de 1 100 femmes ont rapporté avoir été victimes de viols, et les chiffres exacts sont susceptibles d'être encore plus hauts.

3. Oxfam International est une confédération de 13 organisations* à but non lucratif indépendantes, apolitiques et non confessionnelles qui, aux côtés de nombreux partenaires dans plus de 100 pays, travaillent ensemble pour trouver des solutions durables à la pauvreté et à l’injustice en s'appuyant sur le respect des droits fondamentaux. Les Oxfams revendiquent une approche intégrée des problèmes et sont actives à la fois dans les domaines de l'aide humanitaire d'urgence, l'éducation au développement, les projets de développement à long terme et le plaidoyer.

*Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Hong Kong, Irlande, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Québec.

Contact

Contact presse :

agali RUBIN : 01 56 98 24 45 – 06 30 46 66 04

Notes aux rédactions