80 cas de COVID-19 ont été confirmés en dehors des centres de quarantaine de Gaza, y compris dans le camp de réfugiés de Maghazi, situé dans la partie centrale de la bande de Gaza. Mais le chiffre continue d’augmenter. Les hôpitaux sont sur le qui-vive et se préparent à une augmentation du nombre de cas de coronavirus.

De plus, l’unique centrale électrique de la ville a annoncé sa fermeture mardi, incapable de fonctionner depuis qu’Israël a restreint les importations de carburant vers la bande de Gaza, obligeant deux millions de palestiniens à Gaza à vivre avec 3 à 4 heures d’électricité par jour et aggravant ainsi le risque de contamination.

En plus du risque de voir la transmission du virus augmenter de manière exponentielle, l’enclave palestinienne surpeuplée et désormais complètement coupée du monde depuis le confinement subit des frappes aériennes continues de la part de l’armée israélienne depuis deux semaines.

Pour Adeline Guerra, responsable de communication chez Oxfam à Jérusalem « À Gaza, les unités de soins intensifs ne comptent que 97 lits et autant de respirateurs. Les hôpitaux ne fonctionnent que très partiellement à cause de la pénurie de carburant qui empêche les générateurs de secours de fonctionner normalement, et donc de prendre correctement en charge les patients Covid-19 »

Les premiers cas de COVID-19 en dehors des centres de quarantaine ont été annoncés en début de semaine. La surpopulation de cette bande de terre large de 6 à 12 kilomètres de long et où vivent 5 000 habitants par kilomètre carré, ne permet aucune forme de distanciation sociale. Cela met en danger un plus grand nombre de personnes, en particulier celles atteintes d’une condition médicale préexistante.

« Une population sans eau et sans électricité. L’accès des gens à l’eau potable est déjà passé d’environ 80 litres à 20 litres par jour. Cela affectera directement leur capacité à se protéger contre le virus. Si on ne laisse plus entrer de combustible et que la centrale électrique ne fonctionne plus, l’approvisionnement en eau potable fournie par les usines de dessalement pourrait être réduit de 80 %. Ils se voient obligés de choisir entre l’hygiène et la nourriture », a ajouté Adeline.

Le confinement pousse davantage dans la pauvreté les familles de Gaza, déjà extrêmement vulnérables. Elles manquent de nourriture et, avec la pénurie d’électricité, sont désormais incapables de stocker des denrées alimentaires dans leurs réfrigérateurs. Quant aux vendeurs d’eau potable privés qui sillonnaient habituellement les rues avec des camions-citernes, ils sont confrontés à une augmentation importante de la demande en eau depuis que Gaza fait face à une pénurie d’électricité.

« Les autorités israéliennes doivent autoriser l’entrée de carburant dans la bande de Gaza pour que son unique centrale électrique puisse redémarrer. Les hôpitaux en ont besoin pour pouvoir traiter les patients correctement et les familles de Gaza doivent pouvoir s’approvisionner en eau propre pour se protéger du virus », conclu Jon Cerezo, Responsable de campagne humanitaire chez Oxfam France.

 

Contact presse :

Jon Cerezo, Responsable Campagne humanitaire, 06 51 15 54 38

 

Notes aux rédactions :

  • Les porte-parole d’Oxfam basés à Gaza sont disponibles pour des interviews en français.
  • Plus de 2 200 personnes (arrivant à Gaza et aussitôt placées en quarantaine pendant 21 jours) se trouvent dans 16 centres de quarantaine et 178 personnes sont en quarantaine à domicile.
  • Les dernières informations sur les cas de COVID-19 à Gaza proviennent de l’OMS, OCHA et du ministère de la santé à Gaza
  • Oxfam réagit déjà à la pandémie à Gaza et évalue les nouveaux besoins ; Oxfam fournit de l’eau potable et des installations sanitaires à 270 000 personnes, ainsi que des bons alimentaires pour aider les familles à se nourrir en suffisance. Certaines activités ont été suspendues à cause du confinement, mettant ainsi davantage de vies en danger.
  • Une vidéo de notre personnel à Gaza: https://twitter.com/Oxfam/status/1298662001447665665