Oxfam France poursuit son travail contre la pauvreté et les inégalités en publiant un rapport « Pauvreté au travail : les femmes en première ligne » sur les inégalités de genre et sur la situation des femmes travailleuses pauvres en France.

Alors que la France compte actuellement 2 millions de travailleurs pauvres, l’ONG tire la sonnette d’alarme sur une situation qui s’aggrave particulièrement pour les femmes. Entre 2006 et 2017, la part de femmes en activité professionnelle et pauvres est passée de 5,6 % à 7,3 %. Les mères de famille monoparentale sont particulièrement touchées par ce phénomène : parmi celles qui travaillent, plus d’un quart vit sous le seuil de pauvreté, soit un million de femmes. Le rapport, préfacé par Claire Hédon, Présidente d’ATD Quart-Monde, donne la parole à des femmes qui vivent la précarité au quotidien.

L’accroissement du nombre de travailleuses pauvres tient à des causes profondes et multiples qu’Oxfam met en lumière et décrypte. Ecarts de salaires, instabilité des temps de travail, emplois précaires, ségrégation professionnelle, pénibilité des tâches mais aussi permanence des stéréotypes, sont autant de facteurs qui alimentent la spirale de la pauvreté et qui entrainent également des situations de discriminations et de violence à l’encontre des femmes.

• Les femmes occupent 78% des emplois à temps partiel et 75% des personnes qui souhaitent travailler plus sont des femmes.
• 70% des CDD et des intérims sont occupés par des femmes.
• Les femmes consacrent en moyenne 3h26 par jour aux tâches domestiques contre 2h pour les hommes. Valorisée au salaire minimum net et mesurée avec la définition la plus restreinte, la valeur du travail domestique contribuerait à une production nationale équivalente à 292 milliards d’euros en 2010, soit 15% du PIB.
• Les femmes de 39 ans à 49 ans, sans interruption de carrière, gagnent en moyenne 23% de plus que celles qui ont temporairement cessé de travailler pour des raisons familiales.
• Entre 2000 et 2015, les maladies professionnelles reconnues ont connu une hausse de 155% chez les femmes (contre 80% chez les hommes).

Pour Pauline Leclère, porte-parole d’Oxfam France : « Les inégalités femmes-hommes au travail sont insupportables et la situation est d’autant plus dramatique pour les femmes pauvres. Le phénomène de pauvreté au travail prend une ampleur de plus en plus importante et montre qu’avoir un emploi ne protège pas de fins de mois difficiles. Avec ce rapport, nous voulons dénoncer un système économique qui perpétue et aggrave les inégalités en cantonnant les femmes dans les métiers les plus précaires, les plus instables, les moins qualifiés et par conséquent les moins rémunérés. Les femmes occupent 78% des emplois à temps partiel !

Outre ces inégalités économiques, avec 22% d’écart de salaires en moyenne, les femmes sont victimes d’inégalités sociales et culturelles : par exemple, l’inégal partage des tâches domestiques compromet l’indépendance des femmes et influence la perception des employeurs qui ont tendance à considérer les femmes avant tout comme des mères.

Pauline Leclère poursuit : « L’aggravation de la pauvreté chez ces femmes travailleuses montre que les réponses politiques ne sont pas à la hauteur des enjeux et de l’urgence. Alors que l’égalité femmes-hommes a été déclarée ‘grande cause nationale’ par le Président de la République, des mesures telles que l’encadrement des temps partiels doivent être mises à l’ordre du jour.

Cette question de justice sociale renvoie aussi au rôle de la fiscalité pour redistribuer les richesses et développer des services publics de qualité dont on sait qu’ils peuvent améliorer le quotidien des personnes les plus vulnérables. Or la politique fiscale injuste d’Emmanuel Macron nous conduit dans la mauvaise direction. Les entreprises doivent également assumer leur rôle en contribuant à une économie davantage centrée sur l’humain, par exemple en leur demandant de publier les écarts de salaires par quartiles selon le genre qui serait une étape décisive pour réduire les inégalités ».

Oxfam poursuit sa mobilisation pour un meilleur partage des richesses au sein des entreprises et une fiscalité socialement plus juste et au service du plus grand nombre, outils indispensables dans la lutte contre les inégalités et la pauvreté. Dans ce rapport, Oxfam demande au gouvernement et aux parlementaires d’adopter les mesures suivantes :

• Encadrer les temps partiels afin de lutter et compenser leurs impacts négatifs.

• Fixer une obligation de transparence aux entreprises sur leurs résultats en matière d’égalité salariale, et publier les écarts de salaires par quartile dans l’entreprise en les désagrégeant selon le genre et selon les pays d’intervention. Il pourrait aussi être envisagé de retirer certains avantages aux entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d’égalité salariale.

• Développer le budget sensible au genre (ou « gender budgeting »), qui vise à mesurer la répartition de l’argent public entre les sexes de manière à résorber les inégalités existantes dans l’attribution des crédits publics, et approfondir les mesures fiscales davantage sensibles au genre.

• Instaurer un congé paternité non-transférable, plus long, et en partie obligatoire, rééquilibrerait les rôles au sein des foyers et réduirait les discriminations liées à la maternité sur le marché du travail.

Lire le rapport « Pauvrete au travail : les femmes en premiere ligne »

Contact presse : Pauline Leclère 07 69 17 49 63 pleclere@oxfamfrance.org

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L’accroissement du nombre de travailleuses pauvres tient à des causes profondes et multiples qu’Oxfam met en lumière et décrypte. Ecarts de salaires, instabilité des temps de travail, emplois précaires, ségrégation professionnelle, pénibilité des tâches mais aussi permanence des stéréotypes, sont autant de facteurs qui alimentent la spirale de la pauvreté et qui entrainent également des situations de discriminations et de violence à l’encontre des femmes.

• Les femmes occupent 78% des emplois à temps partiel et 75% des personnes qui souhaitent travailler plus sont des femmes.
• 70% des CDD et des intérims sont occupés par des femmes.
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• Les femmes de 39 ans à 49 ans, sans interruption de carrière, gagnent en moyenne 23% de plus que celles qui ont temporairement cessé de travailler pour des raisons familiales.
• Entre 2000 et 2015, les maladies professionnelles reconnues ont connu une hausse de 155% chez les femmes (contre 80% chez les hommes).

Pour Pauline Leclère, porte-parole d’Oxfam France : « Les inégalités femmes-hommes au travail sont insupportables et la situation est d’autant plus dramatique pour les femmes pauvres. Le phénomène de pauvreté au travail prend une ampleur de plus en plus importante et montre qu’avoir un emploi ne protège pas de fins de mois difficiles. Avec ce rapport, nous voulons dénoncer un système économique qui perpétue et aggrave les inégalités en cantonnant les femmes dans les métiers les plus précaires, les plus instables, les moins qualifiés et par conséquent les moins rémunérés. Les femmes occupent 78% des emplois à temps partiel !

Outre ces inégalités économiques, avec 22% d’écart de salaires en moyenne, les femmes sont victimes d’inégalités sociales et culturelles : par exemple, l’inégal partage des tâches domestiques compromet l’indépendance des femmes et influence la perception des employeurs qui ont tendance à considérer les femmes avant tout comme des mères.

Pauline Leclère poursuit : « L’aggravation de la pauvreté chez ces femmes travailleuses montre que les réponses politiques ne sont pas à la hauteur des enjeux et de l’urgence. Alors que l’égalité femmes-hommes a été déclarée ‘grande cause nationale’ par le Président de la République, des mesures telles que l’encadrement des temps partiels doivent être mises à l’ordre du jour.

Cette question de justice sociale renvoie aussi au rôle de la fiscalité pour redistribuer les richesses et développer des services publics de qualité dont on sait qu’ils peuvent améliorer le quotidien des personnes les plus vulnérables. Or la politique fiscale injuste d’Emmanuel Macron nous conduit dans la mauvaise direction. Les entreprises doivent également assumer leur rôle en contribuant à une économie davantage centrée sur l’humain, par exemple en leur demandant de publier les écarts de salaires par quartiles selon le genre qui serait une étape décisive pour réduire les inégalités ».

Oxfam poursuit sa mobilisation pour un meilleur partage des richesses au sein des entreprises et une fiscalité socialement plus juste et au service du plus grand nombre, outils indispensables dans la lutte contre les inégalités et la pauvreté. Dans ce rapport, Oxfam demande au gouvernement et aux parlementaires d’adopter les mesures suivantes :

• Encadrer les temps partiels afin de lutter et compenser leurs impacts négatifs.

• Fixer une obligation de transparence aux entreprises sur leurs résultats en matière d’égalité salariale, et publier les écarts de salaires par quartile dans l’entreprise en les désagrégeant selon le genre et selon les pays d’intervention. Il pourrait aussi être envisagé de retirer certains avantages aux entreprises ne respectant pas leurs obligations en matière d'égalité salariale.

• Développer le budget sensible au genre (ou « gender budgeting »), qui vise à mesurer la répartition de l'argent public entre les sexes de manière à résorber les inégalités existantes dans l'attribution des crédits publics, et approfondir les mesures fiscales davantage sensibles au genre.

• Instaurer un congé paternité non-transférable, plus long, et en partie obligatoire, rééquilibrerait les rôles au sein des foyers et réduirait les discriminations liées à la maternité sur le marché du travail.

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