RDC : Oxfam France appelle Bernard Kouchner à élaborer d’urgence une proposition de déploiement militaire européen

{{Oxfam France salue la réactivité et l’engagement du gouvernement français ces derniers jours}} pour s’assurer que l’Union européenne réponde de façon adéquate à la crise humanitaire et sécuritaire à l’Est de la RDC.

L’association française appelle Bernard KOUCHNER et la France à faire en sorte que, dès les prochains jours, l’Union européenne déploie des moyens supplémentaires pour renforcer la MONUC afin de protéger les populations civiles dans les Kivus.

« Même si une apparente stabilité semble être revenue dans la ville de Goma ces dernières heures, le niveau d’insécurité demeure élevé et les civils ont besoin d’être protégés de toute urgence. Un apport de troupes complémentaires pourrait contribuer de manière significative à répondre sur le court terme à cette crise. De fait, l’Union européenne semble être la mieux placée pour apporter de tels moyens additionnels, compte tenu des délais particulièrement courts. Bernard KOUCHNER doit mettre à profit sa visite dans la région pour étudier les diverses possibilités d’un déploiement européen et élaborer une proposition à soumettre à ses confrères européens dès lundi. Le cessez-le-feu demeure fragile et il y a de fortes craintes que les combats reprennent bientôt, provoquant de nouveaux déplacements : la planification pour le déploiement d’une force doit démarrer immédiatement » a déclaré Nicolas Vercken, d’Oxfam France.

Bernard KOUCHNER est aujourd’hui même à Kinshasa et doit se rendre dans les prochaines heures à Goma et Kigali, en compagnie de son homologue britannique David MILLIBAND ; dès lundi, il aura une réunion informelle avec ses confrères européens pour discuter, entre autres, de l’engagement de l’UE pour sauver la paix et résoudre la crise humanitaire en RDC.

Il est incontestable que le seul envoi de troupes supplémentaires sera insuffisant et doit s’accompagner d’une activité diplomatique intensive pour aboutir de toute urgence à un accord de paix durable, ainsi que des mises en œuvre d’actions concrètes pour l’amélioration immédiate de l’efficacité de la MONUC sur le terrain.
« L’Union européenne dispose d’une expérience fructueuse en matière de maintien de la paix, tant au Congo qu’au Tchad. Elle a déjà pu démontrer son rôle vital dans la protection des civils. Aujourd’hui, le peuple congolais se tourne vers elle pour obtenir de l’aide. La France, en tant que présidente en exercice de l’Union européenne, ne peut rester sourde face à cet appel d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont déjà trop souffert » a ajouté Nicolas Vercken.

Afin de peser sur les débats qui auront lieu dans les prochains jours au sein de l’Union européenne et d’ici la fin de cette année au Conseil de Sécurité de l’ONU autour du renouvellement du mandat de la mission des Nations unies en RDC (MONUC), Oxfam France s’apprête à lancer une campagne de mobilisation et d’interpellation des pouvoirs publics avec le cri d’alarme « République Démocratique du Congo : massacre en cours ».

NOTES :

1. Le 23 janvier 2008, le gouvernement congolais et 22 groupes armés ont signé l'accord de paix de Goma, qui les engageait à un cessez-le-feu immédiat ainsi qu'au respect des principes internationaux des Droits de l'Homme. L'accord de Goma est la conséquence de l'accord du mois de novembre 2007 entre les gouvernements du Congo et du Rwanda (aussi connu sous le nom de communiqué de Nairobi), lequel avait pour objectif de régler la question de la présence des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé rwandais, à l'Est du Congo.

2. Avant même la recrudescence récente de la violence, il ne faisait pas bon être civil en République Démocratique du Congo. Depuis 1998, le conflit a entrainé la mort de 5.4 millions de personnes, notamment à travers des maladies et des famines. Environ un million de personnes a été déplacé à l'Est du pays. Le viol est endémique. Cette année, chaque mois plus de 1 100 femmes ont rapporté avoir été victimes de viols, et les chiffres exacts sont susceptibles d'être encore plus hauts.

3. Oxfam International est une confédération de 13 organisations* à but non lucratif indépendantes, apolitiques et non confessionnelles qui, aux côtés de nombreux partenaires dans plus de 100 pays, travaillent ensemble pour trouver des solutions durables à la pauvreté et à l’injustice en s'appuyant sur le respect des droits fondamentaux. Les Oxfams revendiquent une approche intégrée des problèmes et sont actives à la fois dans les domaines de l'aide humanitaire d'urgence, l'éducation au développement, les projets de développement à long terme et le plaidoyer.
*Allemagne, Australie, Belgique, Canada, Espagne, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Hong Kong, Irlande, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Québec.

4. En RDC, quatre membres de la confédération Oxfam International ont des activités de terrain dans l’Est du pays, parmi eux :
– Au Nord Kivu, Oxfam-Solidarité (Belgique) intervient depuis 2005 dans le Territoire de Rutshuru, une des zones les plus affectées par les récents événements. Une identification des besoins a récemment été réalisée et un nouveau projet est toujours planifié dans les villages les plus vulnérables au début de l’année 2009, afin d’apporter un soutien efficace à des milliers de familles.
– Oxfam Grande-Bretagne fournit de l'eau potable et des installations sanitaires à quelques 65 000 personnes réfugiées dans quatre camps autour de Goma. Jeudi, le personnel d’Oxfam Grande Bretagne a dû déménager temporairement en dehors de Goma, mais le personnel national est resté sur place et des mesures ont été prises afin que l'accès à l'eau et aux installations sanitaires ne soit pas coupé à l'intérieur des camps.

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