Sommet de Copenhague : une fuite en avant historique

Pour Oxfam France, la déclaration de principe sur le climat dévoilée par un petit comité de dirigeants mondiaux à Copenhague aujourd'hui n'est qu'une fuite en avant.

Ce texte, négocié par un petit groupe de pays, laisse de coté la grande majorité des pays en développement, qui ont à peine été consultés, et qui doivent encore se prononcer sur son contenu. La France affirme avoir adopté cet accord, mais l'Union européenne ne s'est pas prononcée formellement (ire la réaction d'Oxfam Internationa).

Ce texte ne donne aucune garantie que le péril climatique sera évité ou même que les pays les plus pauvres auront les moyens nécessaires pour s'adapter à la hausse des températures. De plus, il remet à 2010 la négociation d'un accord contraignant.

Pour Romain Benicchio, d'Oxfam France : « Non seulement cette déclaration d'intention ne résout en rien les désaccords qui ont bloqués les négociations depuis deux ans, mais en plus il représente un déni de démocratie pour tous les pays qui n'ont pas été consulté dans son élaboration.»

« Ce texte est une fuite en avant qui n'offre rien d'autre qu'une vague aspiration de rester sous la barre des 2 degrés, et qui renvoie les décisions les plus difficiles sur les réductions d'émission et le financement.»

Décryptage des principaux points de la déclaration

Dans la déclaration : 100 milliards de dollars par an de financements climat pour les pays pauvres

La réalité :

Il s'agit d'un objectif et non d'un engagement – les pays pauvres n'ont aucune certitude de recevoir l'argent dont ils ont besoin pour réduire la croissance de leurs émissions et s'adapter aux changements climatiques.

100 milliards de dollars ne représentent que la moitié des fonds nécessaires. L'argent manquant priverait les travailleurs du secteur de la santé en Asie du Sud-est et en Afrique subsaharienne des 1,5 milliard de dollars dont ils ont besoin chaque année pour prévenir les décès liés à la malaria et la diarrhée que le changement climatique intensifie.

Rien ne garantit que ces 100 milliards de dollars seront additionnels aux engagements d'aide publique au développement. Cet argent pourrait être ponctionné sur les sommes destinées aux secteurs de la santé et de l'éducation pour financer des digues.

Les 100 milliards de dollars pourraient ne pas provenir de financements publics. Pourtant, c'est l'unique moyen de garantir que cet argent soit délivré aux bonnes personnes, au bon endroit et au bon moment.

Dans la déclaration : limiter l'augmentation des températures en-dessous de 2 degrés

La réalité :

L'absence de tout objectif de réduction des émissions signifie qu'il n'existe aucune garantie que le changement climatique restera sous les deux degrés. La communauté scientifique est très claire sur le besoins de réductions d'ici à 2020. Des objectifs spécifiques sont nécessaires.

Shorbanu Khatun, une victime du changement climatique présente à Copenhague avec Oxfam International a déclaré : «J'ai parcouru un long chemin, depuis un camp de déplacés sur une côte inondée du Bangladesh, pour obtenir justice pour les 45 000 sans abri victimes du cyclone Aila. Comment puis-je leur dire que leur misère est tombée dans l'oreille de sourds ? »

||Communiqué envoyé dans le cadre d’une campagne lancée en septembre 2009 et réalisée avec l’aide financière de l’Union européenne. Le contenu de cette campagne relève de la seule responsabilité d’Oxfam France et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.|

Contact

Contact presse :

A Copenhague

omain Benicchio – chargé de plaidoyer Oxfam Franc + 44 75 40 70 43 11

A Paris

agali Rubino – chargée des média : + 33 (0)1 56 98 24 45 / + 33 (0)6 30 46 66 04

Notes aux rédactions

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