4 années de conflit au Yémen : la crise est délibérément empirée

Après quatre années de guerre, la situation au Yémen continue d’empirer. Le nombre de personnes qui ont besoin d’assistance humanitaire augmente et s’élève aujourd’hui à plus de 24 millions, soit 80 % de la population – 2 millions de plus qu’il y a un an. La vie des Yéménites dépend de l’aide humanitaire et de la pression exercée sur les pays qui alimentent le conflit et la crise alimentaire.

 

Mars 2019 marquera le quatrième anniversaire d’un conflit prolongé et dévastateur qui continue de ruiner la vie de la majorité de la population yéménite. L’économie est anéantie, plus de 80 % des Yéménites vivent maintenant sous le seuil de pauvreté, plus de 3 millions de personnes sont déplacées et environ 24 millions de personnes – soit 80 % de la population et 2 millions de plus qu’il y a 1 an – ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence.

Dans ce cadre, les femmes sont particulièrement frappées : 76 % des personnes déplacées dans le pays sont des femmes et enfants et 1,1 million de femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition.

Le Yémen a besoin d’aide humanitaire et d’une solution politique, et la France a un rôle à jouer

Le Yémen est la pire crise humanitaire de notre temps selon l’ONU. Oxfam est présente dans 8 gouvernorats du Nord et du Sud du pays et a porté assistance depuis avril 2018 à plus de 1,6 millions de personnes.

Très dépendants des importations, la vie des femmes, enfants et hommes yéménites est d’autant plus menacée à cause des blocus : « Les parties au conflit ont perturbé, par des barrages, retards de navires, détournements, l’approvisionnement des ports de Hodeïda et de Salif. Les containers sont bloqués, empêchant le déchargement de denrées telles que le lait en poudre, l’huile, ou les médicaments.» constate Taha Yaseen, d’Oxfam au Yémen.

Un processus de paix inclusif est absolument nécessaire pour mettre fin à cette crise. A cet égard, Oxfam France lance une pétition pour que la France prenne conscience de sa part de responsabilité dans le conflit et arrête de vendre des armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis. La France ne peut pas continuer à approvisionner ces pays en armes, notamment quand il est prouvé que les parties au conflit commettent des violations du droit international humanitaire.

« Nous avons tout laissé derrière nous et nous sommes enfuis avec juste un t-shirt et un maqtub (un tissu traditionnel yéménite). Nous avons tout perdu, nos emplois, notre potager, nos moutons… tout ce que nous avions a disparu. Nous n’avons pas de travail, pas d’espoir et pas de vie ici. » C’est ce que nous raconte une femme accompagnée de sa famille déplacée par les combats à Al-Jah.

La conférence de donateurs qui aura lieu à Genève le 26 février prochain est un moment crucial pour renforcer les engagements financiers et faire face aux besoins humanitaires, mais aussi pour avancer vers un processus de paix inclusif extrêmement nécessaire. La meilleure aide que le peuple yéménite puisse recevoir, c’est la fin du conflit.

L’action d’Oxfam au Yémen

Oxfam mène un vaste programme dans huit gouvernorats du Yémen, y compris dans les régions d’Hodeïda, Taïz ou Aden. Depuis avril 2018, en moins de 10 mois, nous avons porté assistance à plus de 1,6 million de femmes, enfants et hommes au Yémen.

«Maintenant, j’arrive à acheter de la nourriture pour ma famille. J’ai également acheté du matériel scolaire et des vêtements d’hiver pour mes enfants et, pour la première fois depuis longtemps, j’ai pu payer le loyer de ma maison.»

Huda, mère de huit enfants, vit déplacée à Sa’ada, dans le nord du pays, et a tout perdu lorsque sa maison a été détruite par des frappes aériennes. Oxfam l’a appuyée pour créer une entreprise rentable, ce qui lui permet aujourd’hui de toucher un revenu en vendant des vêtements pour femmes.

Au Yémen, les opérations menées par Oxfam consistent actuellement à :

  • Fournir de l’eau dans les camps de personnes déplacées, remettre en état des systèmes d’approvisionnement ou installer des pompes.
  • Soutenir les communautés hôtes et les personnes déplacées touchées par le conflit à travers des transferts monétaires pour l’alimentation et pour appuyer les moyens de subsistance en soutenant les petites entreprises (telles que l’élevage, la couture, les petits magasins d’alimentation, etc.).
  • Aider à l’assainissement à travers la construction et l’assèchement de latrines et des campagnes de gestion des déchets solides et des actions de nettoyage.
  • Promouvoir l’hygiène, en particulier autour de la prévention du choléra et à travers la distribution de kits « d’hygiène et de dignité ».

L’intervention d’Oxfam au Yémen en chiffres : en janvier 2019, nous avons distribué plus de 15 000 m3 d’eau potable à 47 000 personnes dans les campements de déplacés de Amran et Hajja, plus de 3 000 kits d’hygiène et 1 700 kits de nettoyage de latrines et de savons dans les gouvernorats d’Amran et d’Hodeïda, et plus de 315 000 euros en assistance directe en alimentation et en moyens de subsistance à plus de 3 500 personnes comme Huda.

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