Le virus de la faim : comment le coronavirus sème la faim dans un monde affamé

Oxfam alerte sur le fait que 12 000 personnes pourraient mourir chaque jour de la faim dans le monde avant la fin de l’année 2020. La pandémie de Covid-19 s’ajoute à de nombreux conflits et crises existants, précipitant de nombreux pays en situation de crise alimentaire.

 

Jusqu’à 12 000 personnes pourraient mourir de la faim chaque jour

La faim n’a jamais été autant d’actualité dans le monde qu’aujourd’hui. La pandémie et la récession économique liée à l’arrêt des activités au niveau mondial ont un impact négatif très fort sur la faim dans le monde : Oxfam estime qu’entre 6 100 et 12 200 personnes pourraient mourir chaque jour de la faim avant la fin de 2020. La pandémie s’est superposée à des crises existantes (crise climatique, crise des inégalités), à des conflits et à la défaillance structurelle des système alimentaires, qui privilégient le profit d’un petit nombre d’acteurs au détriment des petits producteurs.

Certains pays déjà en proie à une crise alimentaire grave vont voir leur situation empirer, et de nouveaux pays, comme l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du Sud pourraient être touchés de plein fouet par cette crise alimentaire, d’une nature sans pareil. Même dans les pays développés comme en France, la faim est une réalité qui s’est exacerbée avec le COVID-19 : selon le gouvernement, 8 millions de personnes auront besoin d’ici fin 2020 d’une aide alimentaire soit 2,5 millions de personnes en plus. En France, 69% des bénéficiaires de l’aide alimentaire sont des femmes.

 

Communiqué de presse

L’impact de la crise sur les populations les plus vulnérables

La pandémie de COVID-19 a touché de plein fouet les populations déjà en situation de vulnérabilité. Plus de 500 millions de personnes risquent de sombrer dans la pauvreté. Pour les plus pauvres, l’accès à la nourriture devient de plus en plus difficile tandis que les petits producteurs doivent lutter contre un système alimentaire et agricole déséquilibré, aux mains d’une petite poignée d’acteurs qui contrôlent les termes du marché.

En parallèle, l’emploi a été fortement impacté par la crise. L’OIT estime que 305 millions d’équivalents temps plein ont été perdus du fait de la pandémie. Les femmes et les jeunes sont particulièrement touchés.

Une crise alimentaire qui se superpose à d’autres crises

Les conflits sont l’une des principales causes et conséquences des crises alimentaires. Sur les 821 millions de personnes qui souffrent de la faim dans le monde, 60% vivent dans des pays en conflit. Au Yémen par exemple, l’un des pays étudiés dans le dernier rapport d’Oxfam, deux tiers de la population (20 millions de personnes) souffrent de la faim. Dans ce pays touché par les conflits depuis plus de 5 ans, 1,5 millions de familles dépendent de l’aide alimentaire.

Les dérèglements climatiques sont eux aussi à l’origine de crises alimentaires, actuelles et futures. Le GIEC estime que 183 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontés à la faim d’ici 2050.

Les gouvernements doivent agir vite

Pour endiguer les effets de cette crise, les gouvernements doivent à court terme :

  • Contribuer au fond humanitaire des Nations Unies
  • Annuler les dettes des pays en développement
  • Mettre en application l’appel au cessez-le-feu des Nations Unis.

Les gouvernements doivent également dès maintenant et de manière durable :

  • Opérer une transition vers des systèmes alimentaires plus justes, résilients et durables via le soutien à des approches agroécologiques
  • Soutenir le mandat du Comité pour la Sécurité Alimentaire pour une réponse politique coordonnée à la crise
  • Prendre des mesures ambitieuses contre les dérèglements climatiques.

Lire le rapport

Rapport-Faim-Covid-Oxfam

Auteur(s) :

Oxfam International

Date de parution :

Juillet 2020