Sahel : Quelles leçons tirer ?

Un bilan de la réponse à la crise alimentaire 2012 au Sahel pour construire la résilience

En 2012, la région du Sahel a connu une crise alimentaire qui a menacé plus de 18 millions de personnes dans neuf pays. Elle a mis en danger leur vie et leurs moyens de subsistance, tandis que plus d'un million d’enfants étaient exposés à une malnutrition aiguë. Si la réponse des États de la région et de la communauté internationale, déterminés à ne pas reproduire les erreurs commises lors des précédentes crises, a été plus pertinente à de nombreux égards, certaines lacunes importantes subsistent.

Ce rapport analyse l'intervention de la communauté internationale et les enseignements qu'il convient d'en tirer pour le futur. Il révèle que, si la réponse de 2012 a réellement été plus efficace à de nombreux égards que lors des précédentes crises, il subsiste des lacunes considérables auxquelles il faut remédier. Alors que les systèmes d'alerte précoce ont fourni les informations requises pour une intervention précoce, il y a eu désaccord quant à la gravité probable de la crise. Certains donateurs ont réagi plus tôt que les années précédentes, mais de manière générale, le financement par les donateurs n'a pas été plus rapide qu'auparavant.
Des obstacles techniques, financiers et politiques ont subsisté, les États concernés étaient souvent des acteurs marginaux, le financement par les donateurs contournant largement les systèmes nationaux.
Malgré de grands progrès, des millions de personnes n'ont toujours pas reçu l'aide dont elles avaient besoin, notamment pour développer leur capacité de résilience.

Faire ce qu'il faut la prochaine fois

En 2013, la première chose à faire est de reconnaître que la crise n'est pas derrière nous. Dans la région du Sahel, 10 millions de personnes ont toujours besoin d'une aide d'urgence pour nourrir leur famille et reconstruire leurs moyens de subsistance. Mais les États, les donateurs et les agences d'aide doivent aussi faire en sorte de mieux prévenir et gérer les crises à l'avenir. Tous les acteurs impliqués dans la lutte contre l'insécurité alimentaire dans la région, y compris Oxfam, doivent mettre à profit le savoir-faire actuel pour aider les communautés à développer leur résilience de la manière la plus efficace et la plus durable possible. Il est essentiel de renforcer les investissements dans l'agriculture à petite échelle, les réserves alimentaires locales et nationales, ainsi que les programmes de protection sociale, et de multiplier les efforts pour prévenir et traiter la sous nutrition. Il est également nécessaire de résoudre les défis structurels qui ont affaibli la réponse de 2012, tout comme les précédentes réponses.

Auteur(s) du rapport

Oxfam

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