Fast fashion et slow fashion : de quoi parle-t-on ?

Si l’industrie de la mode paraît parfois obscure, son impact sur l’environnement et la vie des populations à travers le monde est bien visible. Surproduction, surconsommation, exploitation des travailleur.euses : face à ces constats, le pouvoir citoyen s’élève et des alternatives émergent en nombre, pour une mode plus éthique. Pour vous aider à mieux comprendre le fonctionnement de ce secteur, zoom sur les concepts de fast fashion et de slow fashion.

Qu’est-ce que la fast fashion ?

La fast fashion désigne une tendance très répandue dans l’industrie de la mode reposant sur une renouvellement ultra-rapide des collections. S’appuyant sur un rythme de production effréné et insoutenable, certaines enseignes de prêt-à-porter vont jusqu’à renouveler leurs collections toutes les deux semaines, voire moins. Cette mode « jetable » produite à moindre coût a des conséquences sociales et environnementales désastreuses.

 

Cette pratique, héritée de la seconde moitié du XXème siècle avec l’émergence du « lean management » chez Toyota, s’est imposée au fil du temps dans l’ensemble des industries. On cherche à minimiser les coûts de production, à fabriquer en flux tendu et à réduire les délais d’approvisionnement, dans une logique de rentabilité accrue. Le secteur alimentaire a très vite adopté ce modèle d’organisation pour créer le concept de « fast food », et ainsi proposer au plus grand nombre des produits de moindre qualité, fabriqués rapidement et vendus à l’échelle mondiale.

Aujourd’hui, cette pratique s’est étendue à l’industrie de la mode et la plupart des grandes entreprises textiles fonctionnent selon ce modèle dominant de « fast fashion ».

Quelles sont les conséquences de la fast fashion ?

Les conséquences de la fast fashion sont multiples. Comme nous l’avons rappelé dans notre article consacré aux conséquences sociales, sanitaires et environnementales de l’industrie de la mode, les pratiques de la fast fashion tendent à creuser les inégalités sociales et de genre, et ont des conséquences très négatives sur la planète :

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100 milliards de vêtements par an sont produits dans le monde.
Ce nombre a doublé entre 2000 et 2014 !

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1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre sont émis chaque année par le secteur du textile : un impact plus important que les vols internationaux et le trafic maritime réunis.

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Sur un t-shirt vendu 29€ en Europe, les ouvrières asiatiques touchent en moyenne seulement 0,18€, malgré un temps de travail excédant souvent 12 heures.

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Un impact environnemental phénoménal

La multitude d’étapes nécessaires à la confection d’un vêtement participe au lourd bilan environnemental de l’industrie de la mode : production de matières premières, transformation (teinture, ennoblissements), transport… Chaque étape de confection entraîne une pollution des sols et des eaux, et une consommation d’eau et d’énergie dans des quantités irraisonnées.

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Saviez-vous par exemple qu’il nous faudrait l’équivalent de 13 ans pour boire la quantité d’eau nécessaire pour la fabrication d’un t-shirt et d’un jean en coton conventionnel ?

Les étapes de confection et de transport ne sont pas seules responsables des dommages environnementaux du secteur textile. L’entretien représente en moyenne 12% de la consommation d’eau d’un vêtement. Même après l’achat, une pièce issue de la fast-fashion continue de polluer.

Enfin, la majorité de nos vêtements sont très peu portés, et finissent en grande partie incinérés ou jetés. Ce gaspillage vestimentaire ne donne pas l’occasion à ces pièces d’habillement d’avoir une seconde vie.

Des conséquences sociales dramatiques

Au bout de la chaîne, le modèle de fast fashion impacte la vie de millions d’ouvrier.e.s. Plusieurs scandales ont mis en lumière les pratiques indignes de l’industrie de la mode. En 1996, des images révèlent que des enfants travaillent à la confection de produits de la marque Nike. Plus récemment, en 2013, l’effondrement de l’immeuble du Rana Plaza au Bangladesh, abritant plusieurs ateliers de confections travaillant pour des marques internationales, a coûté la vie à plus de 1100 personnes et en a blessé 2500. Cet événement tragique a grandement participé à une prise de conscience citoyenne relative aux conséquences de l’industrie textile. Pour autant, ce drame n’est que la partie visible de l’iceberg.

La fast fashion est un système qui repose sur le maintien des inégalités. Ce modèle implique une répartition des richesses inéquitable et maintient les travailleur.ses et leurs familles dans des situations de grande pauvreté. Les salaires des ouvrier.e.s du textile sont considérés comme des « variables d’ajustement » dans le calcul du prix final d’un vêtement, et ils sont de très loin inférieurs à la marge perçue par la marque et le distributeur.

Pour produire un tee-shirt à 9,99€ issu de la fast fashion, l’addition des dégâts sociaux et environnementaux est colossale. La recherche du profit à tout prix ne peut pas être compatible avec l’intérêt général. Chez Oxfam, nous défendons des alternatives de consommation durables et solidaires.

Des ouvrières dans une usine textile au Vietnam
Des ouvrières et ouvriers produisent des vestes et des pantalons pour des marques internationales dans une usine de la province de Dong Nai, au Vietnam.

Fast fashion vs slow fashion

S’opposant au modèle de la fast fashion, le concept de slow fashion émerge doucement.
Dans la lignée du principe de slow food, le principe de slow fashion vise à contrer un modèle de production de masse et standardisé, en mettant en avant la qualité des produits, la transparence de la chaîne de valeur, la diversité et la responsabilité de ses acteurs, et bien sûr le plaisir.

 

La chercheuse et activiste anglaise Kate Fletcher (1) a dédié une grande partie de son travail au concept de slow fashion. Pour elle, il s’agit d’un ensemble de pratiques qui célèbrent la diversité de la production et de la consommation textile et la notion de plaisir, tout en prenant en compte les limites des ressources à notre disposition. Cela concerne tant le cycle de design, de production et de consommation d’un vêtement, que sa fin de vie ! La slow fashion, c’est en fait une vision responsable, durable et transparente de la mode, qui représente une rupture avec les valeurs et objectifs de la fast fashion.

Le Dressing d'Oxfam promeut une mode responsable et durable, en vendant des articles de seconde-main et de marques éthiques partenaires.
Boutique Le Dressing d'Oxfam, dans le 11ème arrondissement de Paris.

Les alternatives pour une mode éthique et responsable

Face aux conséquences environnementales et sociales de la fast fashion, nous pouvons agir ensemble pour faire diminuer les inégalités et contribuer à ce que la slow fashion devienne la norme. Pour cela, de nombreuses alternatives existent !

On peut choisir de consommer moins, mais mieux, en privilégiant des vêtements issus de la mode responsable. Cette démarche éthique peut concerner la conception (qualité, durabilité, réduction des déchets…), la production (respect des savoir-faire, bonnes conditions de travail, relations commerciales durables, planning tenable, fabrication locale…) mais aussi la consommation et l’utilisation (sensibilisation, entretien écologique, réparation, don…).

Certaines marques proposent des vêtements issus du commerce équitable (labels FairTrade International, WFTO), mais aussi fabriqués à partir de fibres biologiques (GOTS), dans des conditions éthiques (Fair Wear Foundation). Il peut s’agir d’une fabrication locale (comme Hopaal ou Loom) de systèmes de création collaborative et de précommande qui limitent la surconsommation (comme Atelier Unes), de démarches « upcycling » (récupérer une matière ou un objet usagé pour créer un produit de qualité supérieure), de location de vêtements, et aussi bien sûr de seconde main !

S’informer pour une mode plus responsable

Le collectif Ethique sur l’étiquette se bat chaque jour pour le respect des droits humain au travail dans le monde, et pour une meilleure information des consommateur.rices de mode.
Fashion Revolution, connu pour son hashtag #WhoMadeMyClothes, lutte pour que l’industrie textile s’engage pour une mode plus juste.
L’application mobile Clear Fashion vous permet également de savoir ce qui se cache sous l’étiquettes de vos vêtements.

Les magasins Oxfam : la seconde main en étendard

Les boutiques solidaires d’Oxfam France, qui font la part belle à la consommation responsable, s’inscrivent dans cette logique de slow fashion, en proposant des articles de seconde main et de mode responsable.

Promouvoir l’économie circulaire, combattre la surconsommation, réduire son budget shopping, faire un geste pour l’environnement et exprimer sa créativité, grâce à un acte solidaire sont autant de raisons d’acheter en seconde main.

Retrouvez nos boutiques solidaires à Paris, Lille et Strasbourg :

  • Le Dressing d’Oxfam, 62 bis avenue Parmentier, 75011 PARIS
    Vêtements, accessoires et chaussures de seconde main, et de marques de mode éthique
  • Friperie de Strasbourg, 5-7 rue de la Division Leclerc, 67 000 Strasbourg
    Vêtements, accessoires et chaussures de seconde main (la boutique comporte également un espace bouquinerie).
  • Friperie de Lille, 19 ter rue de l’hôpital militaire, 59000 Lille
    Vêtements, chaussures, accessoires et objets déco de seconde main

Découvrez l’ensemble des boutiques Oxfam de seconde main (friperies et bouquineries) sur la page dédiée à nos Magasins solidaires.