Crise syrienne

Sara, 24 ans, mère de trois enfants a fui Hamra en Syrie avec sa famille. Pendant les 4 jours de leur fuite, Sara a fait une fausse couche. Aujourd'hui, elle et sa famille vivent dans un petit camp de réfugiés. Photo : F. Muath / Oxfam

 

Depuis mars 2011, la Syrie est frappée par un conflit qui a déjà fait plus de 220 000 morts, 7,6 millions de déplacés internes et provoqué le départ de plus de 4 millions de personnes (dont la moitié sont des enfants) vers les pays voisins, en particulier le Liban, la Jordanie et la Turquie.

La situation

2014 a été l’année la plus sombre du conflit syrien pour la population civile. Le conflit aurait fait 76 000 morts en 2014, pour un total d’au moins 220 000 morts sur quatre ans.

Désormais, en Syrie, plus de 12 millions de personnes (sur une population de 21,4 millions de personnes avant le conflit) ont besoin d’aide humanitaire. Pourtant, l’accès humanitaire ne s’améliore pas : de plus en plus de personnes résident dans des zones qualifiées de « difficiles d’accès » par l’ONU.

En juillet 2015, le triste seuil de 4 millions de réfugiés syriens a été franchi. Plus de 80% de ces réfugiés vivent en dehors des camps, dans des campements informels ou des logements de fortune, où il leur est plus difficile d’avoir accès à une aide bien souvent vitale. Certains (sur)vivent dans ces conditions depuis plus de 4 ans.

L’afflux de réfugiés dans les pays voisins pèse sur les ressources de ces pays et crée des tensions. Le Liban, qui accueille déjà près d’1,2 million de réfugié-e-s syrien-ne-s, impose depuis janvier 2015 l’obtention d’un visa aux Syriens qui arrivent à la frontière libanaise, alors que leur entrée était jusque-là plutôt libre. La Jordanie a, en pratique, également fermé sa frontière aux réfugiés de Syrie.

Les Nations unies estiment que 8,4 milliards de dollars seront nécessaires en 2015 pour pouvoir répondre pleinement aux besoins humanitaires et de développement à l’intérieur de la Syrie ainsi que dans les pays voisins. Cependant, on constate actuellement que le financement des opérations humanitaires diminue par rapport aux besoins : en 2013, 71 % des fonds nécessaires avaient été réunis. En 2014, seuls 57 % des financements ont été reçus.

Alors que les violences se poursuivent en Syrie, que les pays voisins ferment leurs frontières et que l’aide humanitaire se tarit, de plus en plus de Syriens tentent une migration périlleuse vers l’Europe. Certains y laissent la vie, tandis que l’accueil réservé à ceux qui parviennent dans les pays européens est très souvent inadéquat et indigne. Avec un produit intérieur brut de 27 000 euros par personne en moyenne, l’Europe a pourtant des capacités d’accueil bien supérieures à un pays comme le Liban (produit intérieur brut de 9 000 euros par personne), où une personne sur quatre est aujourd’hui un réfugié de Syrie.

Nos actions sur le terrain

En Syrie, au Liban et en Jordanie, au cours de l'année 2014, nous avons pu venir en aide à plus d'1,5 million de personnes. Pour continuer à apporter une aide vitale aux réfugiés et aux communautés qui les accueillent, nous avons besoin de vous.

En Syrie, Oxfam a lancé en juillet 2013 un programme visant à fournir de l’eau potable en urgence. Nous avons amené sur place plusieurs tonnes d’équipements hydriques et avons formé des ingénieurs syriens à s’en servir. Nous travaillons également à réparer les réseaux d'eau. Nous avons pu installer plusieurs générateurs permettant de faire fonctionner des usines de traitement de l'eau. Grâce à nos actions sur place, nous fournissons de l'eau potable à plus d'un million de personnes.

Au Liban, où les réfugiés représentent désormais au moins un quart de la population libanaise, les prix des loyers ont explosé, et la majorité des Syriens vivent dans des abris de fortune. Oxfam fournit une aide financière aux familles les plus vulnérables afin qu’elles puissent répondre à leurs besoins de base : nourriture, eau, abri... Nous construisons également des latrines et travaillons à faire en sorte que la population ait accès à l’eau potable.

En Jordanie, nous fournissons de l’eau et des équipements sanitaires dans le camp de réfugiés de Zaatari, qui accueille plus de 80 000 réfugié-e-s, et aux communautés d’accueil. Nous coordonnons des programmes d’hygiène destinés à prévenir l’apparition de maladies dont les conséquences pourraient s’avérer mortelles. Nous mettons aussi en place des programmes pour aider les réfugiés qui vivent dans des communautés qui les accueillent en dehors du camp.

Notre plaidoyer au niveau international

Oxfam mène un travail de plaidoyer auprès de la communauté internationale en parallèle des actions sur le terrain :

  • Pour que toutes les parties en conflit permettent l'accès humanitaire dont les populations ont désespérément besoin
  • Pour que les Etats membres du Conseil de Sécurité, en particulier la France, fassent respecter la résolution 2139 et les résolutions ultérieures visant à réduire les souffrances de la population syrienne, votées en janvier 2014, ignorées ou minimisées depuis (lire sur ce sujet notre rapport « Echec coupable en Syrie »).
  • Pour qu’une issue politique soit négociée, en présence de toutes les parties en conflit et dont les modalités relèveraient de la population syrienne. Il est essentiel que la société civile et en particulier les femmes soient impliquées tout au long du processus de paix.
  • Oxfam souligne aussi que tout processus politique ou initiative de paix devrait, dès que possible, être suivi de la mise en place d’une stratégie de reconstruction nationale et régionale, avec des moyens financiers suffisants pour la mener à bien.
  • Oxfam presse la France et les Etats de l’Union européenne d'accueillir plus de réfugiés syriens sur leur territoire et de faciliter leur venue en mettant en place des voies d’entrée légales et sûres.
  • Oxfam rappelle à la France et à l’Europe leur responsabilité de protéger et de respecter les droits et la dignité humaine de toute personne arrivant à leurs frontières
  • Oxfam exige également de la France qu’elle fournisse une contribution financière à la hauteur des besoins humanitaires en Syrie comme dans les pays voisins.
  • Nous demandons également l’arrêt des transferts d’armes à toutes les parties ainsi qu’un cessez-le-feu immédiat.
  • Nous condamnons toute utilisation d’armes chimiques et demandons à ce que toutes les parties au conflit respectent le droit international et notamment qu’elles permettent aux équipes de l’ONU d’enquêter et de travailler.
  • Enfin, pour Oxfam, les responsables des crimes de guerre perpétrés en Syrie devront rendre des comptes devant la justice.

A travers le projet « EU save Lives – You save Lives », Oxfam en collaboration avec l’Union européenne, cherche à rendre visible auprès du public européen les histoires des réfugiés et déplacés du monde entier, en particulier syriens. Portraits, photos, vidéos et témoignages sont accessibles sur eusavelives.org

Nous espérons pouvoir renforcer nos interventions afin d’être en mesure de répondre aux besoins les plus urgents de ces millions d’hommes, de femmes et d’enfants. Soutenez notre action sur place :