Ma famille et moi n’avons jamais eu aussi faim

Le sud de l’Afrique connait actuellement sa pire sécheresse depuis 35 ans. Patouma, agricultrice, et ses six enfants ont été fortement touchés par la crise alimentaire qui sévit dans la région de Balaka au Malawi. Malgré le soutien d’Oxfam, elle s’inquiète de la prochaine saison des récoltes. 

Jusqu’à récemment, Patouma comptait, pour nourrir sa famille, sur la production de maïs qu’elle cultive sur une parcelle d’un demi-hectare. Malheureusement, le changement climatique a eu un impact direct sur la capacité de Patouma – et celle de millions d’autres personnes comme elle au Malawi – à subvenir aux besoins de sa famille.

« Dans une bonne année, quand les pluies sont bonnes, je peux parfois récolter jusqu’à 15 sacs. L’année dernière j’ai semé comme d’habitude mais à cause du changement aléatoire du climat et de très peu de pluies, j’ai seulement pu récolter un sac de maïs qui n’a duré qu’un mois. Ma famille et moi n’avions jamais eu aussi faim. Nous n’avions jamais vécu la faim auparavant. »

Oxfam et ses partenaires au Malawi ont soutenu Patouma et d’autres agriculteurs en les formant à cultiver des légumes dans de petits jardins potagers. Une partie de leur récolte leur permet de nourrir leurs familles et la vente du reste des légumes leur permet d’avoir un revenu décent.

Patouma explique: « Désormais, en cultivant et en vendant mes légumes, je peux acheter de quoi nourrir mes enfants. Nous pouvons manger tous les jours, ce qui n’était pas le cas auparavant. Je peux aussi acheter du savon et mes enfants peuvent porter des vêtements propres. Je peux même acheter des manuels scolaires et des crayons. Ce type d’agriculture a vraiment aidé ma famille.»

Pour que Patouma puisse tirer le maximum de son potager, elle a urgemment besoin d’engrais et de semences.

« Je prépare déjà mon lopin de terre pour la prochaine saison des cultures. Je demande humblement à tous ceux qui souhaitent bien nous aider de nous fournir engrais et semences pour pouvoir cultiver et récolter en quantités suffisantes. Je suis sûre que nous pourrons nourrir nos enfants. J’espère seulement que les pluies seront favorables et si je peux avoir tous les intrants agricoles à temps, je ne m’inquièterai plus. »

Patouma n’est pas seule dans ce cas. On estime à 40 millions, le nombre de personnes – dans la région seulement – qui risquent de se retrouver en situation d'insécurité alimentaire au début de l'année 2017.

A l’occasion de la conférence internationale sur le climat (COP22), demandez aux gouvernements de soutenir les populations vulnérables, les moins responsables du changement climatique, et pourtant les plus durement touchées.

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