Un projet d’Oxfam sur l’énergie solaire illumine un village ghanéen

Felicia Ayaawin avait juste besoin d’un peu d’eau pour son mari, ses enfants et elle. Mais lorsqu’elle s’est rendue au puits situé à quelques centaines de mètres de chez elle, elle s’est aperçue que des enfants y faisaient tremper de la lessive sale. « C’était si triste », se désole-t-elle, assise devant chez elle, son fils Matthew de 6 mois sur les genoux. « Mais nous n’avions pas d’autre solution, c’était le seul puits ».

L’énergie des rayons du soleil

Désormais, elle a une autre solution. Elle peut puiser de l’eau propre à partir d’un robinet raccordé à un réservoir de 450 litres, lequel est rempli tous les jours grâce à une pompe électrique alimentée par dix panneaux solaires pouvant générer 1 800 watts. « Lorsqu’ils ont installé le système et ouvert la valve, j’ai rempli tous mes pots et bidons et j’ai appelé toutes les autres femmes pour qu’elles viennent chercher de l’eau. J’étais si heureuse ! Cela ne m’était jamais arrivé de remplir tous les bidons avant », raconte Felicia.

Le nouveau puits a été installé par l’organisation Presbyterian Agricultural Station dans le cadre d’un projet pilote d’énergie solaire mené en partenariat avec Oxfam à Kpatua, un village composé d’environ 110 familles dans le nord-est du Ghana. Le projet permet d’alimenter dix foyers, l’école primaire et le centre de santé en énergie renouvelable et a également fourni des lampes solaires individuelles à 100 foyers.

Felicia Ayaawin puise de l’eau dans le puits installé par le partenaire d’Oxfam près de sa maison à Kpatua. Le puits contient une pompe électrique fonctionnant grâce à des panneaux solaires et l’eau est stockée dans un grand réservoir.

Étudier après le coucher du soleil

Bien que le projet en soit encore à ses prémices, on constate déjà des signes de progrès au sein de la communauté. Selon Gocker Kwesi Musah, directeur de l’école primaire, l’énergie solaire a apporté d’importantes améliorations. Deux grandes batteries permettent à l’école de stocker de l’énergie afin d’éclairer les salles de classe le soir et offre la possibilité aux écoliers n’ayant pas l’électricité chez eux d’étudier après le coucher du soleil.

« Nous avons de l’électricité pour alimenter deux ordinateurs et apprendre aux écoliers à taper et à utiliser un ordinateur. Lorsque nous leur donnons des devoirs, ils peuvent les faire le soir sans que leurs parents n’aient à leur donner de lanterne. Désormais, l’apprentissage continue après le coucher du soleil car les écoliers ont l’électricité à la maison. »

Des enfants étudient le soir près d’une lampe solaire dans la maison du chef de village Mbil Ayaada.

Des enfants en meilleure santé

Latana Ganda, une infirmière de 26 ans travaillant à la clinique du village, parcourait auparavant près de 12 km pour se rendre à Garu, une ville voisine ayant l’électricité afin de se fournir en vaccins et poches de glace, et ramenait les vaccins inutilisés à la fin de la journée.

« Maintenant que nous avons un frigo fonctionnant à l’énergie solaire, nous n’avons plus besoin d’y aller tous les jours et nous utilisons beaucoup moins de carburant », dit-elle. Il est plus facile de vacciner les enfants, de les maintenir en bonne santé. À la clinique, les batteries solaires permettent de mieux répondre aux urgences la nuit et elles alimentent le réfrigérateur.

Latana Ganda, infirmière à la clinique de Kpatua inspecte un vaccin qu’elle conserve dans le réfrigérateur alimenté à l’énergie solaire. Le système charge les batteries qu’elle utilise pour alimenter le réfrigérateur et faire fonctionner les lumières quand il fait nuit. Cela lui permet de mieux répondre aux urgences.

Des économies pour la communauté

Mbil Ayaada, le chef de Kpatua, est l’un des dix propriétaires disposant d’un système d’éclairage à l’énergie solaire. Ce système comprend 3 lampes LED très puissantes, ainsi qu’une lampe à détecteur de mouvement installée près de l’entrée de la propriété, où son troupeau dort. Le tout est alimenté par dix panneaux et une batterie.

« Le soir, les enfants étudient tous. J’aime beaucoup voir ça. Grâce aux lampes solaires, il est plus facile de préparer les repas du soir, nous n’avons plus besoin d’acheter des batteries ou du kérosène pour les lampes. Cela nous aide beaucoup et représente des économies pour la communauté », déclare Ayaada.

Un garçon passe près d’une lampe à détecteur de mouvement dans le village de Kpatua. Le système d’énergie solaire de cette maison génère et emmagasine de l’électricité qui servira la nuit.

Davantage de progrès sont possibles

La prochaine phase de test prévoit de pomper de l’eau du puits solaire jusqu’aux champs pour que les villageois puissent cultiver des légumes pendant la saison sèche, période pendant laquelle habituellement de nombreuses personnes migrent vers d’autres régions du pays à la recherche d’un emploi.

Toutefois certains habitants sont déjà convaincus et n’ont pas attendu pour mettre cette idée en œuvre. Felicia Ayaawin et son mari ont fait pousser des plans de tomate pendant l’été en utilisant de l’eau puisée dans le puits à proximité. Chez elle, un saladier contient trois belles tomates. Elle constate le potentiel pour sa famille, et pour le village, de cultiver davantage grâce à l’énergie des rayons du soleil.

Photos : George Osodi/Panos pour Oxfam America

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