Green Friday : 4 étapes pour entrer en résistance face au Black Friday

Lancé aux Etats-Unis pour marquer le coup d’envoi des achats de Noël, le Black Friday permet à de nombreuses enseignes de proposer des niveaux de promotions toujours plus vertigineux. Cet événement entraîne une surconsommation massive du public, symbole même des achats compulsifs, et d’un gaspillage à grande échelle. Son seul but : accroître les profits de grands groupes, au détriment des femmes et des hommes en bout de chaîne de production, et de la planète. Avec le développement des achats en ligne, c’est aussi des produits qui font le tour de la Terre, une course à la livraison et des quantités d’emballages qui explosent. Là encore, la planète et les travailleur·euses en font les frais.

Depuis de nombreuses années, un grand nombre de structures refusent cette logique consumériste et se mobilisent afin de proposer des solutions responsables, durables et solidaires aux consommateur·rices. Le Green Friday vient ainsi répondre aux dérives du Black Friday. Quelles sont les conséquences du Black Friday ? Comment soutenir le Green Friday en tant que citoyen·ne, ce 26 novembre et tout au long de l’année ? On vous dit tout !

Etape 1 : comprendre l’impact de ses achats

Derrière le Black Friday, les impacts dévastateurs de l’hyperproduction, de la surconsommation et du gaspillage.

Réductions alléchantes, prix cassés, niveaux de promotions démesurés… le Black Friday tente sans cesse d’appâter les consommateur·rices grâce à des techniques de vente bien rôdées. Le revers de la médaille de cette course aux achats : une surproduction, une hyperconsommation et un niveau de gaspillage inégalé.

Une opération dédiée à l’hyperconsommation

Plus de 500 000 tonnes de produits textiles sont mis sur le marché chaque année en France. Au fil des années, notre niveau de consommation a explosé, avec une durée d’utilisation des objets en forte baisse.

Les Français·es achètent 60 % de textile de plus qu’il y a 15 ans et les gardent deux fois moins longtemps. A titre d’exemple, en France nous portons environ 30% de notre garde-robe.

>>> A lire : Fast-fashion versus slow-fashion : définition et enjeux

Le gaspillage derrière le Black Friday

A l’occasion du Black Friday, les ventes en ligne explosent. Sur les millions de colis expédiés en l’espace de quelques jours, environ un quart sont renvoyés à l’expéditeur par les consommateur·rices de moins de 30 ans. Or, plusieurs recherches ont également démontré que les marques ont bien plus d’intérêt aujourd’hui à détruire les invendus, afin de limiter les frais de stockages, plutôt que de les reconditionner et les revendre à plus bas prix encore.

Rappelons-nous les scandales liés à la destruction de ces invendus : Burberry a été épinglé en 2017 pour avoir brûlé des sacs, vêtements et parfums d’une valeur de plus de 30 millions d’euros. Amazon détruit plusieurs millions d’objets chaque année en Angleterre.

En ce qui concerne les produits électroniques, un rapport de l’ONU a estimé que seuls 20% des appareils jetés étaient réellement recyclés, ce que révélait également National Geographic en 2018. Verdict : en plus d’utiliser des ressources (eaux, métaux rares, cotons, etc.) à la fabrication, ces biens deviennent une nouvelle pollution.

L’impact de l’accroissement exponentiel des ventes en ligne

Le développement des ventes en ligne tend à accroitre l’impact écologique des livraisons, toujours plus nombreuses. Ce sont plus de camions et de camionnettes en circulation. Le nombre élevé de retours, bien plus nombreux lors d’opération telles que le Black Friday, vient multiplier par deux l’impact des livraisons (à l’aller et au retour). L’Ademe rappelle que les camions et camionnettes émettent à eux seuls 40% du CO2 généré par le transport routier. Au-delà de ces retours, la quantité indénombrable de colis envoyés et « trop peu remplis » engendreraient tous les ans l’émission de 122 millions de tonnes de CO2.

Pour assurer l’envoi et le retour rapide de ces colis, les entreprises de e-commerce sont d’autre part poussées à multiplier, en périphérie des villes, le nombre d’entrepôts de stockage. Ainsi, leur nombre aurait bondi de 200% depuis le début des années 2000 et 81% d’entre eux se situent autour des grandes agglomérations françaises, selon la FNE. Des structures à l’impact environnemental non-négligeable, participant directement à l’artificialisation des sols et à l’étalement urbain. En Ile-de-France, ce sont 20 millions de mètre carrés qui sont occupés par des entrepôts logistiques, représentant un quart du parc immobilier français, toujours selon la FNE.

>>> Voir à ce sujet notre article dédié aux impacts de l’industrie de la mode.

Etape 2 : connaître les alternatives

Le Green Friday, l’événement citoyen anti-Black Friday qui nous aide à changer nos habitudes

Face à ce constat affolant, nous pouvons tou·te ·s agir ! C’est en réaction au Black Friday que s’est lancé le Green Friday en 2017. Porté par des acteurs de l’économie sociale et solidaire dont Oxfam France, cette action citoyenne apporte des solutions très concrètes afin de faire bouger les lignes et refuser l’hyperconsommation.

À l’initiative, en 2017, du réseau ENVIE, rejoint en 2018 par Altermundi, Dream Act et le REFER pour fonder un Collectif, le Green Friday a été créé comme une alternative au Black Friday et ses promotions incitatives et trompeuses. Événement éco-citoyen, collectif militant, journée de sensibilisation : le Green Friday, c’est un peu tout ça à la fois.

Le Green Friday réunit des associations et des entreprises autour d’une même ambition : promouvoir une consommation responsable et raisonnée et redonner le pouvoir aux consommateur·rices dans la maîtrise de leur acte d’achat. En quatre ans, le Green Friday est devenu un rendez-vous populaire de grande ampleur, symbole de la lutte contre une surconsommation destructrice. 500 structures engagées ont rejoint le mouvement en 2020.

« La surconsommation a des conséquences sociales et environnementales souvent dévastatrices mais pour lutter contre celles-ci, il est parfois difficile pour le consommateur de savoir par où commencer s’il veut agir à son échelle. C’est pourquoi, pour cette nouvelle édition du Green Friday, le Collectif souhaite mettre l’accent sur les solutions à portée de main pour chacun ou chacune afin de consommer moins – consommer mieux – consommer au prix juste. » Jean-Paul Raillard, Président du Green Friday et de la Fédération ENVIE.

Etape 3 : avant d’acheter ou de racheter, prolonger la vie de chaque produit

Réparer, échanger ou donner, plutôt qu’acheter

Oxfam France étant spécialisée dans les friperies et les bouquineries solidaires de seconde main, plus que dans l’ameublement ou l’électronique d’occasion, nos conseils se porteront avant tout sur vos garde-robes et vos bibliothèques. Mais il y en a plein d’autre pour prolonger la durée de vie de nombreux produits que nous possédons !

La première étape est de se questionner sur ce que nous possédons déjà. Avec 4 millions de tonnes de déchets textiles jetés chaque année en Europe, il est urgent de repenser notre mode de consommation. La bonne nouvelle, c’est que de nombreuses alternatives créatives et solidaires existent.

La réparation créative, qui permet de raccommoder nos vêtements en laissant les coutures apparentes, est une solution intéressante en cas d’accroc, de trou ou de marques d’usure. Patch, superposition, couture ajourée, broderie, ajout d’un œillet : les techniques sont multiples et souvent très esthétiques. Appelée « visible mending » en anglais, ce concept permet de prolonger la vie de pièces que nous chérissons, même si elles sont abîmées.

Pour les pièces que nous ne souhaitons plus porter, on peut opter pour le don ou le troc. Donner à des boutiques solidaires, déposer vos objets dans des bennes à vêtements, les échanger avec des ami·e ·s ou au sein d’une communauté engagée (dans le cadre du défi Rien de Neuf de Zero Waste France, par exemple)… les alternatives sont nombreuses. Offrir une vie supplémentaire à un objet que vous n’utilisez plus peut, en plus de diminuer son empreinte écologique, faire des heureux·ses autour de vous !

Etape 4 : repenser ses modes de consommation

Des solutions pour consommer moins, mais mieux

Le Black Friday est l’occasion pour de nombreuses entreprises de présenter la nouveauté comme indispensable et irrésistible, quel que soit son coût environnemental et social. Seulement, il y a aujourd’hui une urgence à consommer moins, mais mieux. La seconde main peut être une réponse à ce problème de surproduction, à condition de l’envisager dans le cadre d’une consommation raisonnée.

Les boutiques Oxfam : la solidarité en action

Opter pour une bouquinerie ou une friperie associative permet d’allier plaisir, consommation durable et responsable et financement de projets de solidarité. Faire le choix de l’économie circulaire, c’est voter pour un modèle de production et de consommation différent. A Lille, Paris et Strasbourg, nos bouquineries et friperies proposent livres d’occasion, slow fashion et articles de décoration à prix solidaires. Lutter contre les inégalités grâce à nos achats, c’est possible.

Retrouver les magasins Oxfam près de chez vous !

Paris : 

Strasbourg : 

Lille : 

Le choix de la mode responsable

Au-delà de la seconde main, de nombreuses marques de mode éthique proposent des collections de vêtements confectionnés à partir de matériaux durables, conçus au sein de chaînes de valeur respectueuses des droits des travailleur·ses, avec un prix juste et un vrai renversement du modèle malade de la fast-fashion. Au Dressing d’Oxfam, nous proposons par exemple des pièces de la marque Les Récupérables (upcycling made in France) ou encore Loom.

Le Green Friday est l’occasion de résister aux sirènes du marketing, à la surproduction et au gaspillage. Engageons-nous tou.te.s à opter, lors de cette journée symbolique (et tout au long de l’année), pour des alternatives responsables et solidaires. Ensemble, nous avons le pouvoir de faire bouger les lignes.

Pour aller plus loin

Téléchargez gratuitement l’ebook créé par Oxfam France : « Fast fashion : impacts, alternatives et moyens d’agir ».

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